2026 Destination Canaries

septembre 26, 2026

Embouteillage à l’écluse

Sur la droite les "avalants" qui attendent sagement, et au fond les "montants" qui franchissent l'écluse

La vilaine alimente en eau douce la ville de Vannes, son niveau est au plus bas depuis la sécheresse de cet été. Afin de ne pas polluer en eau salée son eau précieuse, les éclusages d’Arzal sont réduit à seulement deux par semaine au lieu de huit par jour d’ordinaire. La Laureline a réservé celui du vendredi 24 septembre, et c’est la cohue, 80 bateaux pour 24 places montantes, et 28 pour les « avalants », vers l’aval Mais tout s’est passé dans le calme, à l’image de la Vilaine qui se prélasse entre les bocages et les forêts, habitée par les sternes pierregarin, aigrettes garzettes, puffins des anglais, cormorans, goëlands cendrés et les nombreux limicoles pas toujours faciles à identifier. Son lit change plus vite que les mises à jour de balisage, un voilier anglais trop confiant est planté dans la vase, il attend la prochaine marée haute pour se dégager.

septembre 27, 2026

Laureline habillée en cotre

l’équinoxe d’automne s’accompagne de dépressions parfois violentes, elles traversent l’Atlantique les unes derrières les autres pour s’orienter vers l’Irlande et l’Ecosse mais aussi le golfe de Gascogne et le Portugal. Il faut se dépêcher de passer entre deux, celle qui arrive mardi sur le Portugal annonce un vent de sud à 45 nœuds, un vrai barrage pour notre petite embarcation, et une escale obligatoire à l’abri à La Corogne en Galice.
Départ de Bretagne fixé jeudi à 22 heures après une ultime vérification moteur au Crouesty par notre ami Christophe (chef mécanicien embarqué sur les grosses unités, un pro des moteurs diesel), 350 nM à courir, premier tiers au portant, deuxième au travers troisième de face en tirant des bords.
Le vent mollit à 15 nœuds, mais il ne faut pas traîner, le cotre ajoute puissance et vitesse à 7 nœuds, pour une arrivée à temps demain dans la journée

Génois trinquette et Grand voile arisée

septembre 30, 2026

A l’abri à La Corogne

C’est sous la pluie entre les pêcheurs espagnols, après 60 heures de navigation dans le golfe de Gascogne que sont apparues dans la brume les montagnes de la Galice, puis de loin la « torre de Herculès », le plus vieux phare du monde édifié par les romains. Viennent ensuite l’agitation des bateaux entrants et sortants, un pêcheur à la palangrotte tranquille en plein milieu du passage, puis la digue d’entrée du port arborant à son extrémité un vieux château. Le premier contact en espagnol à la VHF est chaleureux: « oui il y a de la place, amarrage sur tribord possible, un marinero attend sur le ponton pour attraper les amarres ».

Très vite dehors la météo se déchaîne, des vents de 45 nœuds lèvent sur le cap Finisterre une houle et des vagues énormes. Les bateaux de croisière sont venus eux aussi s’abriter tel le britannique Arvia, gigantesque, vertigineux avec ses 344 m de long, 54 de large, d’après l’AIS, mais finalement petit et obéissant comme la Laureline face aux éléments naturels.

La vielle ville offre le charme de ses rues dallées étroites, ses vieilles maisons ornées de balcons vitrés, agrémentée d’une grande place dallée dominée par une mairie colossale. En marchant au décours d’une petite ruelle surgit l’église romane de Santa Maria parfaitement conservée, où traînent encore sur les murs les traces des templiers.

octobre 2, 2026

Un bateau hôpital pour les Terre-Neuvas

Après avoir contourné les îles Sisargas, le cap Torinana, et le cap finisterre au portant dans une houle impressionnante qui en bas cache l’horizon et en haut offre une vue lointaine heureusement fort longue et praticable, levée depuis l’Atlantique par la dépression maintenant poussée vers la Bretagne par l’anticyclone, la Laureline s’accorde une petite pause au Portugal à Viana do Castello en attendant les meilleurs vents portants.

Bâtie par les Romains, la vieille et belle ville a servi de point de départ aux explorateurs portugais vers le Brésil au XVe siècle, puis la ville s’est enrichie au XVIe siècle grâce à la pêche à la morue sur les bancs de terre Neuve et au troc avec l’Angleterre des vins liquoreux contre des filets de pêche.

La Laureline est amarrée à côté du Gil Eannes, un ancien grand bateau hôpital tout blanc construit au chantier naval de Viana de Castello en 1955, qui avait pour mission de fournir une assistance hospitalière à la flotte de pêche à la morue dans les eaux de terre Neuve et du Groenland. Il a lui-même été sauvé in extremis de la démolition et fait maintenant découvrir en tant que navire musée le savoir faire médical des années 60; Une visite passionnante: Tout y est: la timonerie, les moteurs d’origine, la cuisine, la boulangerie, le bloc opératoire, la salle de réveil, avec un antique défibrillateur, la salle de radiologie, 65 lits d’hospitalisation, et la chapelle.

Isles de Sisargas vues du large
Le Gil Eannes, bâteau hôpital pour les tarre-neuvas
La salle des machines
La salle d’examen du patient
La salle de radiologie
La salle d’opération
Le défibrillateur
Coucher de soleil sur le bateau hôpital et la Laureline
La Laureline amarrée à Viana do Castello
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