Des îles du Cap Vert au Brésil

6 novembre : à l’assaut du mat

Les découvertes d’hier ont imposé une deuxième ascension du mat avec les outils pour aller prendre les mesures, et du coup des vérifications supplémentaires avant le départ. Pas moyen de remplacer ici l’antenne manquante qui normalement émet et reçoit depuis 20 m de haut, il faudra se contenter jusqu’à Ushuaïa d’une petite antenne posée à 3 m de haut sur le portique. Cette absence d’antenne en haut du mat explique aussi la surprise des cargos qui sur la route de Jacaré semblait découvrir la Laureline au dernier moment, et avaient même parfois manifesté leur inquiétude en appelant sur la radio VHF pour vérifier que tout allait bien à bord.

la base de l’antenne est bien là, mais pas l’antenne. L’anémomètre, cette fois ci, a été remis en place correctement. En bas, les pêcheurs préparent les filets

Il faut grimper au mat avec l’aide des équipiers qui assurent la chaise de calfat puis hissent un seau contenant les outils, puis descendre par l’étai afin de vérifier le serrage des éclisses le long de l’étai

Daniel « Opéra » est monté à son tour. Artiste dans l’âme, il en a profité pour un selfie et un portrait de la Laureline vue d’en haut
Il est 5 heures, Jacaré s’éveille sous l’objectif d’Anaïs
…et Timoée, l’ovni 430 de Claude et Michèle, déjà un tour du monde à son actif, retourne dans l’eau !
Timoee
5 novembre : un hamac à fruits

Après un long week-end de Toussaint, la journée de ce lundi a été occupée avec les formalités douanières  et les préparatifs d’un nouveau départ probablement demain, le 6 novembre: nettoyage de la coque par un plongeur qui plonge au narguilé, comme Tintin et Milou, pour enlever les coquillages et les algues qui prolifèrent dans les passages de coque, il faut organiser l’avitaillement… Le portique ne sert pas seulement à relever l’annexe, disposer des antennes ou accueillir les frégates amochées. Il reste encore de la place pour un hamac!

hamac à fruits et légumes confectionné par Anaïs
hamac a fruits.jpeg
ponton d’accueil depuis la Laureline

pontoncrocs

les chaussures restent dehors pendant qu’on brique le pont

Il est encore temps aussi de téléphoner par internet en exploitant le wifi du bar, une facilité qui risque de se faire rare pour la suite du voyage

telephonre
pause wifi-téléphone-bière : bien pratique par grosse chaleur, les
bières sont tenues au frais dans un gobelet de polystyrène.

Emmanuel a grimpé au mat , histoire de vérifier les équipements qui y sont implantés, pour y faire une découverte inattendue!

« Je suis monté en haut du mât pour vérifier l’antenne parce que les données de l’AIS étaient faiblardes. Surprise!  il n’y a pas d’antenne ! Elle a disparu !!!

 Je vais remonter demain pour prendre les mesures et te demander d’en acheter une chez Alubat aux Sables d’Olonne et de ma la faire parvenir en Argentine grâce à Pierre Michel. »

D’ici là, une antenne de secours sera installée sur le portique ; ça va être compliqué pour les oiseaux qui font du bateau-stop…

 

3 novembre  marché de Bessa à Jao de Pessoa
fête sur l’eau à Jacaré
FETE SUR L4EAU.jpeg
 profusion de fruits, dont la noix de cajou
filet de boeuf
2 novembre
Formalités d’arrivée à la Marina, vidange graissage du moteur Volvo qui l’a bien mérité, renouvellement du parc de batteries au bout de 5 ans de bons et loyaux services
remplacement des batteries.jpeg
renouvellement batteries
1 novembre Emmanuel : bien arrivés à Jacaré
position 06°56’ S 34°48W à 20H UTC

… en 12 jours et 4 heures, à 7 Kt de moyenne!

pecheur.jpeg

amarrés à Jacaréamarré

marina

jacare bateau.jpeg

31 octobre. Emmanuel : les alizés du Sud

position le 31 à 12 h UTC: 6°25′ S, 34°30′ W, 1019 hPa,

« Vent 20 kt ESE, cap 238° au prés bon plein par jolie brise, vitesse 8,5 kt sur l’eau, 7 sur le fond. ETA 20 h UTC. Nuit sans histoire.

au prés bon plein par jolie brisepres bon plein.jpeg

On a fini tous les légumes ou presque, il reste quelques oignons, 2 poivrons, des carottes, et un avocat. Donc pour notre dernier déjeuner en mer, le menu ce midi sera : guacamole à l’apéro, carottes râpées au citron et huile d’olive, notre dernier paquet de pain noir avec pâté et cornichons, fromage et pomme. »

rencontre avec un pêcheur à l’approche du Brésil

rencontre3

30 octobre. Emmanuel : rencontre avec un paille-en-queue

position à 14 h UTC: 4° 21′ S, 33° 16′ W, 1018 hPa,

vent SE 17 kt, houle 1 à 2 m, au près bon plein, GV 2 ris et génois.paille en queue

« Ce matin, en passant à proximité de l’île Fernando de Noronha, nous avons rencontré un paille-en-queue, de la taille d’un pigeon ramier, très blanc, avec une tâche noire au bout des ailes, une très belle et très longue queue ; il nous a suivi juste au dessus du portique pendant quelques minutes. »

29 octobre. Emmanuel : Champagne pour Poséïdon 

position le 29 à 14 h UTC: 1° 53′ S, 31° 48′ w, 1017 hPa, vent réel 20 kt SE,

« Au près bon plein GV 2 ris et génois enroulé au premier repère. Mer agitée, houle de 1 à 2 mètres. Vitesse 8 à 9 kt sur l’eau, 7 à 8 kt sur le fond.

ETA Jacaré dans la nuit du 31 oct au 1er novembre soit si tout va bien environ 12 jours de traversée. Magellan avait mis 60 jours à la même époque de l’année, en 1519, mais il était descendu trop bas le long de l’Afrique, jusque devant la Sierra Leone, et a subi ensuite presque à l’horizontale, les interminables calmes du pot au noir, et les premiers reproches de ses capitaines Espagnols.

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Nous avons franchi l’équateur hier en fin d’après-midi

Nous nous sommes déguisés en Poséïdon, avec les moyens du bord, et avons ouvert le Champagne : une gorgée pour La Laureline, notre vaillant petit bateau, une gorgée pour la mer, pour ne pas la fâcher, une petite goutte sur la tête de chaque équipier pour leur baptême, et le reste cul sec !

poseidon-fourche-e1541179453172.jpeg

une gorgée de champagne à la mer et c’est tout l’horizon qui chaloupeposeidon-a-31.jpeg

Hier soir trois frégates volaient très près du bateau.

fregate.jpeg

La juvénile s’est méchamment blessée dans notre éolienne. Nous pensions à une aile cassée ou quelque chose comme ça. Elle a réussi à se poser in extremis sur le portique entre le radar et l’antenne de l’Iridium. Elle est restée là sans bouger faisant route avec nous pendant près de 12 heures.

frégate en assistance ; la petite blessée est derrière le tissus, entre le radar et l’antenneFREGATE EN ASSISTANCE.jpegCe qui nous a le plus étonné, c’est que les deux autres ne l’on pas quittée. Elles venaient à tour de rôle se poser aussi sur le portique en se serrant contre l’animal blessé. Elles ont pu ainsi finalement continuer leur route à trois.

Pour nous c’est un exemple d’entraide et de compassion chez l’animal ! »*

coucher de soleil sur l’équateurcoucher de soleil equateur.jpeg

28 octobre Anaïs et Daniel D. alias « Opéra »  En route pour Jacaré à la voile !

Position le 28 oct 14h00 UTC : 0°23 N, 30° 27 W, 1017 hPa cap 233° Vent 11KTS,

« Progression sous Gennaker et GV haute. Grand merci, Hélène, pour la superbe gestion à distance de nos soucis techniques ! Merci aussi, bien sûr, au concessionnaire de Northern Lights qui a pu aiguiller les recherches pour la panne du générateur. Maintenant, tout roule grâce à vous.

Au réveil, AnaÏs m’a préparé un petit déj terrasse! Il fait beau , le vent se lève un peu. Ce moment fort agréable est égaillé par le spectacle de trois frégates à la chasse acrobatique aux poissons volants. Emmanuel et moi passons à l’avant pour préparer puis envoyer le gennaker. Anaîs est à la barre, de quart jusqu’à 10h30.

fregate 3

Je prends le relai dans des conditions de vent idéales ,15 Kts et des pointes de vitesse du bateau à 10,5 nœuds… Le pied! Pendant ce temps, la « grosse canne à pêche avec son énorme moulinet » donne signe d’une présence à son extrémité. Emmanuel commence à ferrer la bête et remonte ses 200 m de ligne. Daniel J et moi enroulons le gennaker afin de ralentir le bateau pour faciliter et sécuriser la manœuvre.

Un joli carnassier de la famille des labres est remonté à bord poisson.jpeg

Nous renvoyons la toile et repartons de plus belle ! L’opération aura duré une dizaine de minutes ! Enfin sortis du « pot au noir », nous devrions passer l’équateur ce soir, première pêche réussie, retour de la navigation à la voile… Le bonheur ! »

27 octobre. Emmanuel  : La purge

position à 16 H UTC : 2° 16 N, 29° 48′ W, 1016 hPa, cap 195.

 » Un petit vent de 10 kt de face annonce la fin de l’Inter Tropical Convergence Zone, ou ITCZ ou pot au noir. Nous avons choisi une route plus au sud de façon à se trouver au prés bon plein puis au travers plutôt qu’au pré serré lorsque nous atteindrons les alizés de l’hémisphère sud.

Le tour d’inspection des manilles ridoirs et goupilles du bateau nous a fait découvrir un axe de manille qui tient l’écoute de GV prêt au grand plongeon définitif à la mer. Un petit resserrage s’impose.

Merci pour le mode opératoire de purge de l’eau de mer de l’échangeur*, reçu par SMS, et qui ne figure pas dans le mode d’emploi, ni la biblio du bord.

Nous avons trouvé le petit robinet ad hoc sur le côté gauche, sur lequel nous avons branché un tuyau de calibre adapté, que nous avons relié à la pompe 30 l/mn de tribord, et nous avons versé par le bouchon du haut petit à petit 15 litres d’eau douce, censée purger l’eau de mer.

Quand nous aurons fini la purge, nous remplirons l’échangeur par 1,9 litres de Glycol dilué à 50 %, et en principe notre générateur sera réparé. Nous lui ferons une révision en arrivant au Brésil. Nous profitons du calme plat du pot au noir pour finir nos travaux de mécano. »

* ce mode opératoire m’a gentiment été conseillé par téléphone et e-mail par Daniel, de Nautic Elec à La Rochelle , que je remercie encore (ndlr)

27 octobre Emmanuel, 17h30 UTC : « purge, plein glycol, mise en route du moteur OK! parfait fonctionnement, zéro voie d’eau »

coucher puis lever de soleil sur l’Atlantiquecoucher de soleillever de soleil

26 octobre. Emmanuel et Daniel D. dans l’humidité et la chaleur

position le 26 à 16 h UTC: 4° 00′ N, 29° 46′ W,  1015 hPa

« Bien reçu les 4 SMS d’aide à la réparation du générateur. Nous recommençons de suite les démontages, pour aller explorer le tuyau de sortie d’eau de mer, et voir s’il a un coude ou s’il est bouché.

Pour info, lorsque le générateur était en marche, il crachait très bien dehors comme d’habitude. Ce matin la mer était calme, nous en avons profité pour faire le plein de gasoil à partir des bidons récupérés par Didier à Cherbourg fixés sur le pont. Avec cette chaleur, nous prenons des douches rafraîchissantes, nous avons donc refait le plein d’eau douce avec le désalinisateur d’eau de mer. »

Daniel D.  « Nous avons fini de démonter la sortie de l’échangeur, il est effectivement bouché nous essayons donc de le déboucher maintenant… A suivre…

résultat : bouchon de calamine à l’orifice de sortie du circuit d’eau de mer du générateur, à l’origine de l’inondation des varanguesbouchon.jpeg

Dans le pot au noir depuis 4 jours nous naviguons au moteur, le bruit ajouté ne donne pas les meilleures conditions pour un bon sommeil! Mais on patiente, et espérons retrouver le vent demain pour enfin naviguer à la voile jusqu’à l’arrivée… »

position du bateau aujourd’hui et prévision des vents pour demain samedi26 ocotbre windguru.png

(ndlr) Je me souviens de navigations en mer chaude ou pour nous rafraîchir nous nous faisions remorquer l’un après l’autre derrière le bateau, accroché à un pare battage fixé au bout d’une aussière. On appelait ça « faire la pêche aux requins« . Apparemment, cette idée ne leur a pas traversé l’esprit. La-bas, ça marcherait peut être vraiment!…

 

 

25 octobre. Emmanuel : progression lente au milieu du pot au noir

position: 5° 41′ N, 29° 42′ W, 1016 hPa, vent nul, mer belle.

« Afin que nos navires ne périssent ou ne donnassent de travers, comme il arrive souvent quand les groupades* surviennent ensemble, nous amenâmes les voiles, et de cette manière voguâmes ça et là, jusqu’à ce que le bon temps fut revenu. Quand il pleuvait, il n’y avait pas de vent, quand le soleil ardait, c’était la bonace**. Durant ces fortunes le corps de Saint Anselme nous apparut plusieurs fois. Une nuit qui était fort obscure en raison du mauvais temps, le Saint apparut en forme de feu allumé à la hune du grand mât et demeurât là plus de deux heures et demie, ce qui nous réconforta tous, car nous étions en pleurs, attendant seulement l’heure de périr ».

25 octobre.jpg

Quand à nous qui traversons aux mêmes dates que Magellan, nous préfèrerions ne pas avoir trop à faire avec le feu de Saint Elme, qui signifie que l’activité orageuse est très proche du bateau. Nous avons comme lui réduit la voilure, la GV est au bas ris, et sans vergogne, mis en route le moteur Volvo de 55 cv à 1650 tours/minute, qui nous permet de progresser à petite allure.

Anaïs, 13 H UTC : Un deuxième mail aujourd’hui car il a fallu ré ouvrir l’Iridium pour un nouveau fichier Grib.  Ici tout va bien : tous réfugiés dans le carré pour cause de pluie diluvienne. Avantage : cela rafraîchit l’atmosphère extérieure mais à l’intérieur, on dégouline.
Dernières nouvelles : Francis de la marina de Jacaré a trouvé un diéséliste pour la pose de l’échangeur. Il ne te reste plus qu’à trouver la référence de la pièce, la commander et la faire expédier la bas ….

* groupades  :  orages

** bonace : pétole

24 octobre. Emmanuel  l’origine de la fuite est identifiée

Position à 10:30 UTC : 7°38 N, 28° 54 W, 1017 hPa, mer belle

« Quelques averses brèves, un coucher de soleil étonnant hier soir : les lumières sont rasantes, les derniers rayons envoient des couleurs roses et mauves sur les beaux nimbo-cumulus majestueux à l’Ouest, tandis qu’en face, sur notre route vers le sud ouest, l’horizon est bouché par un  énorme nimbo-stratus gris ardoise foncé, presque noir aux reflets métalliques

A l’ouest, coucher de soleil, en face, là où nous allons, le pot au noir!pot au noir.jpeg

L’après midi d’hier a été consacrée à la chasse à l’origine de l’eau que nous devons pomper dans les varangues : notre cible est le générateur dont l’accès demande pas mal de déménagement de pièces détachées, de démontage de cloisons et de démontage des panneaux d’isolation sonore de ce moteur. Après moult essais, ou il donne tous les indices d’un  parfait ron-ron innocent, nous découvrons que le bocal de liquide de refroidissement interne rejette par son trop plein, un petit tuyau qui part se cacher en dessous, non pas du glycol mais de l’eau de mer très chaude. Nous avons gouté et recraché ce liquide chaud et abondant: ce n’est pas du glycol.

Nous pensons qu’il s’est formé une communication anormale entre l’eau de mer qui est pompée pour refroidir et le liquide de refroidissement qui est censé circuler à volume constant. Donc  nous avons trouvé l’origine de nos inondations mais ce n’est pas simple à réparer.

En attendant nous pouvons nous passer du générateur pour quelques temps. Il nous sert pour quelques outils électriques, meuleuse, disqueuse, scie circulaire, pour recharger la perçeuse et les batteries, avec une consommation de 1L/heure au lieu de 3L/heure avec le moteur Volvo du bateau. »

pas simple tout ça….

23 octobre, Emmanuel :  pluies diluviennes…

position 11 h UTC: 9° 18′ N, 28° 13′ W, 1015 hPa, vent SSE 16 kt, cap 210°.

« Toute la nuit nous avons eu des pluies diluviennes, massives, en grosses gouttes qui résonnent sur le pont, le bateau est bien rincé. L’homme de quart, assis dans la descente, pilote le bateau par la télécommande, les yeux rivés sur l’écran de la table à carte. Malgré la chaleur moite, le gilet est de règle, sécurité oblige. Ce matin le plafond est bas, occupé par les strato-cumulus, l’horizon semble moins bouché.

Les varangues restent sèches plus longtemps, nous n’avons toujours pas compris d’où venait la fuite. Cette après-midi, nous projetons d’aller explorer derrière les cloisons du compartiment moteur. Il faut qu’on trouve! « If it’s man made… we can fix it ! »

On comprend bien ce déchaînement des cieux en examinant les prévisions météo Windguru du jour. J’y ai rajouté un petit triangle rose qui représente le bateau, sa position et son cap actuel. Plus la couleur est chaude, plus la pluie est intense…

Bref, ils ne sont pas sortis de l’auberge

prévisions de pluies et nuages pour le 23 10pluies et nuages 23 10 2018.png

22 octobre, Emmanuel :  de bonnes pluies rafraichissantes…

positon 10°59′ N , 27°32′ W, 1017 hPa vent NE 10 kt, devenant SE 25 kt sous les grains.

L’angle du vent change de 90 degré lors des rafales…le tout au portant! gare à l’empannage, et vive les freins de baume (ndlr)

« Cette nuit et ce matin nous avons traversé de bonnes pluies rafraîchissantes. On adapte le menu: c’est lentilles dans le carré ! au lieu de salade en terrasse. »

Bel euphémisme…

position du 22 octobre à 12 H UTCposition 22 10 a 12

21 octobre, Anaïs :  Les Shadocks pompaient, pompaient…

position  à 16 H UTC : 12°46.711’N 026°51.2339’W à 17 H UTC

Hier, samedi 20 octobre, fut une journée riche en incidents, histoire de nous occuper ! La navigation était facile : bon vent entre largue et grand largue.

Or donc, contrairement à nos certitudes après la réparation au Cap Vert, il a fallu se rendre à l’évidence : les fonds étaient de nouveau plein d’eau. Les Shadocks ont donc recommencé à pomper. On refait la liste de tous les passe-coques du bateau en tentant de comprendre à quel endroit se situe la voie d’eau de mer : presse-étoupe, générateur, sondeur, moteur, évier…

On pompe, on assèche. C’est Daniel J. le Shadock en chef. Il a passé plus de temps à plat ventre que debout pour repérer la moindre anomalie.

Autre incident : on met du temps à comprendre pourquoi la consommation électrique est aussi élevée et déclenche alarme sur alarme. Il est vrai que l’on utilise beaucoup le pilote automatique. Bel instrument qui permet de naviguer avec l’angle au vent choisi. Habituellement, on compense avec la production de l’éolienne et celle des panneaux solaires. Enfin, une étincelle surgit dans nos cerveaux fatigués par la navigation non-stop : on a juste oublié de remettre la manette éolienne en fonction… A notre décharge, elle tourne quand même mue par le vent, donc on n’a pas d’indication. Cela dit, avec 20 nœuds, elle aurait dû tourner plus vite…

Lors de son quart, Daniel balaye du regard la plage avant et constate que la manille du point d’amure du Génois bat de l’aile. Effectivement, elle a perdu son axe. On remplace vite fait. Heureusement que les pièces de rechange sont légion à bord !

Soirée calme avec pompages intermittents.

Au début du quart de deux heures du matin j’entends un bruit inhabituel sur ma gauche. En fait, la canne à pêche a laissé filer près de 800 m de ligne. J’actionne le frein du moulinet : c’est brûlant. J’appelle Emmanuel à la rescousse pour rembobiner. Près d’une heure pour récupérer la situation : Daniel D est également venu en renfort. On commence à imaginer un énorme poisson accroché à l’hameçon vu la résistance rencontrée. Emmanuel est prêt à se rendre dans la soute avant pour récupérer le crochet qui servira à libérer la bête. Que nenni ! A une cinquantaine de mètres, plus aucune difficulté pour tourner la manivelle. Et pour cause, la proie s’est détachée.

Fatigue et déception : on fera mieux la prochaine fois (peut-être convient-il de remonter la ligne par étapes afin de fatiguer le poisson ?). Petite nuit réparatrice.

Nous sommes donc dimanche 21 octobre. Nous allons nous mettre à l’heure UTC + 0 pour compenser le changement des fuseaux horaires.

20 octobre, Emmanuel : la garde robe de la Laureline

position à 12 h UTC : 15° 25′ N, 25° 42′ W, 1018 hPa, vent NE 20 à 25 kt, cap 210°.

« Nous sommes partis de Mindelo hier après midi à 17 h (18 h UTC) , par mer agitée et jolie brise, cap au 210°.

Au programme de la traversée, nous aurons grosso modo, trois périodes:

  • la première en ce moment, faite de vents portants du nord-est vers le sud-ouest,  ce sont les alizés de l’hémisphère Nord;
  • la deuxième dans quelques jours, le « pot au noir » faite de calmes et d’orages sur une large bande au dessus de l’équateur;
  • la troisième, faite de vents portants à nouveau,  du sud-est vers le nord-ouest force de Coriolis oblige, correspondant aux alizés de l’hémisphère sud.

pour visualiser tout ça un petit tour sur une carte mondiale des vents, météorologiques et océaniques peut être utile (ndlr).

Nous adaptons la surface de voilure en fonction de la force du vent:

  • petit temps, du près bon plein au grand largue, nous envoyons le spi asymétrique de 135 m², sans dépasser de 12 kt de vent apparent,
  • remplacé ensuite si le vent forcit, par le gennaker de 100 m², dont la coupe North Sail permet un éventail de 60° à 140°, sans dépasser 18 kt de vent apparent,
  • ensuite le Yankee, 54 m², dont on peut réduire la surface grâce à un enrouleur.
  • Ensuite, on peut encore descendre à 25 m² avec la trinquette, que l’on peut ariser à 15 m², et enfin
  • le tourmentin à 9 m² dans les cas extrêmes où il est nécessaire de minimiser la force du vent.

Aujourd’hui nous avons commencé la matinée sous gennaker, et continuons l’après midi sous Yankee. »

19 octobre, Emmanuel : en avant cap 210° ! 

position: 16° 53′ N, 24° 59′ W,  au mouillage à la marina.  1017 hPa

Météo de traversée: La météo de départ se présente de la façon suivante :

AREAS  WITH THUNDERSTORMS

19 OCT: FROM 12N025W TO 12N020W TO 07N020W TO 07N025W TO12N025W

20 OCT: FROM 12N028W TO 12N017W TO 05N017W TO 05N028W TO 12N028W
21 OCT: FROM 10N048W TO 15N025W TO 10N025W TO 05N048W TO 10N048W
AREAS WITH CALMS AND LIGHT WINDS
19 OCT: FROM 13N040W TO 13N015W TO 03N015W TO 03N040W TO 13N040W
20 OCT: TWO AREAS OF CALMS
FROM 13N045W TO 13N035W TO 03N035W TO 03N045W TO 13N045W
FROM 13N030W TO 13N015W TO 03N015W TO 03N030W TO 13N030W
AREAs WITH WIND:
20 OCT FROM 13N035W TO 13N030W TO 03N030W TO 03N035W TO 13N035W
21 OCT: 13N045W TO 13N015W TO 03N015W TO 03N045W TO 13N045W
Bref : nous aurons des orages et des calmes, mais aussi du portant les premiers jours et du travers à l’approche des côtes Brésiliennes.
Départ maintenu pour le début d’après-midi. 
un œil jeté sur earthnullschool est rassuré pour le moment.

parcours.png

18 octobre Emmanuel : préparatifs de départ;  1020 hPa

Les cales sont sèches ce matin !  Les vérifications par l’équipe de Kai Brosmann ont permis d’écarter différentes causes de voie d’eau : le presse étoupe est sain et étanche, l’arbre n’a pas bougé, le 4 silent bloc ont tenu, pas de cassure. Par contre le choc s’est répercuté sur le système de refroidissement par eau de mer de l’échappement ( il s’agit d’une grosse cuve en plastique derrière le moteur) qui a fait bouger la grosse bouche d’arrivée. C’est de là que venait la fuite quand on met le moteur en route en marche avant; après démontage et resserrage, tout est rétabli! Ouf ! »

Le retour de la pêche va activer le marché aux poissons: une bonne occasion pour aller y faire un tour et se préparer un petit festin avant le départ.
photos : Emmanuel
quai de la halle aux poissons.jpeg
retour d'une barque
retour de peche
decoupage d'un thon

écaillage d’un  mérou avec une boîte de conserve perforée ; très efficace!

 

Anaïs négocie deux beaux mérous pour 8 euros
marchande de poisson
2 beaux merous pour 8 euros
poissons & musique.jpeg
 découpe du poisson en musique
joueurs de carte
joueurs de carte
transport d'oeufs

transport d’une centaine d’œufs à vendre au marché

 

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