Bahamas

15 mars Vents contraires dans le Windward passage

Position le 15 mars:
20°11.15’N 74°03.91’W

Grand voile réduite à 3 ris, trinquette, une houle croisée courte et creuse …tirer des bords dans le windward passage pour passer suffisemment au large de Guantanamo n’est pas une sinécure. Vers 2 heures du matin, il était possible de s’approcher de la côte pour bénéficier de vents plus calmes et d’un mer moins creuse, en passant au moteur bout au vent en rasant les murs; c’est peu glorieux, mais un coup de vent arrive aujourd’hui qu’il vaut mieux éviter. En ce début d’après midi, le bateau est en train de s’extraire de l’embouchure du windward passage, et doit gérer le passage d’un double rail montant et descendant, bien qu’il n’y ait aucun bateau dedans dans un sens ou dans l’autre. Sur toute la journée de hier nous n’avions croisé que 2 bateaux descendant vers l’ouest, et ce matin un autre qui allait à Haïti.
A distance des côtes cubaines et de ses reliefs, les vents devraient prendre une orientation un peu plus est, favorable à une progression vers le nord et Great Inagua. ça va encore être long!

Lien vers carte météo

16 mars, bonne traversée

Bien arrivés à Great Inagua aux Bahamas: 20°57.44’N 73°40.71’W

Ça coince pour notre entrée aux Bahamas. ils ne veulent pas reconnaître nos tests PCR cubains…

Tempête dans les visas pour Bahamas

17 mars, 15h:

Position amarrés dans la marina de Matthew Town, Inagua island, Bahamas : 20°57.44’N 73°40.71’W
Visa santé accordé pour l’un de nous quatre, refusé pour les 3 autres. L’adresse du laboratoire qui a délivré les RT-PCR à Cuba ne serait pas valide. Réclammations au ministère de la santé de Bahamas en cours….

18 mars

Position: amarrés dans la marina de Matthew Town, Inagua island, Bahamas : 20°57.44’N 73°40.71’W
Les 4 équipiers étant RT-PCR négatif au départ de Cuba, et test antigénique négatif à J5 du PCR à l’arrivée aux Bahamas, les dossiers d’immigration ont étés acceptés et le Visa de trois mois accordé pour le bateau et son équipage.
Pour l’anecdote, deux questions du XVIIème siècle trainent encore dans le questionnaire d’immigration: Avez-vous noté des cas de peste chez les rats du bateau, ou une mortalité inhabituelle chez les rats et les souris ? Combien de morts autre que par accident avez-vous à bord ? Quel est le nombre de cas de peste, de choléra, de fièvre jaune et de variole à bord ?

Les Bahamas ont mis en place une système informatisé et centralisé sur Nassau pour délivrer des visas de santé indispensables à l’autorisation d’entrée dans le territoire. Dans le principe, c’est simple : quelques données personnelles à rentrer, et une photo du résultat de test COVID de moins de 5 jours à compter du prélèvement, et télécharger une photo du passeport. Malgré un WIFI fonctionnel dans le bureau des officiers de l’immigration, remplir nos 4 dossiers s’est avéré très laborieux, les téléchargements notamment, et c’est l’officier d’immigration qui a utilisé son propre téléphone pour réussir à remplir les dossiers, dont 3 sur 4 ont été refusés dans un premier temps, au motifs que l’adresse du laboratoire de biologie moléculaire à Santiago de Cuba ne figurait pas sur leur rapport d’analyse. Les officiers d’immigration ont été très supportifs, et nous avons fourni par mail au responsable au ministère une copie de la facture correspond
ante, pour prouver l’authenticité du document, et les visas ont été délivrés dans la limite des 5 jours. Et il reste à devoir répondre quotidiennement par internet à un questionnaire de santé pendant 2 semaines à compter du jour d’arrivée.
L’inconvénient du systeme est que si le voyage à la voile a duré plus de 5 jours depuis le prélèvement pour PCR, l’autorisation est refusée, le temps de confinement sur le voilier n’est pas pris en compte. Un équipage Polonais arrivé tout droit de Cienfuegos au bout de 8 jours a été rejeté à la mer; ils n’ont eu le droit que de faire les pleins d’eau et de fuel, l’avitaillement du bateau, et ils attendent à l’ancre un moment un peu moins pire de traverser l’Atlantique, avec un fatalisme slave. Ils sont skippers professionnels et habitués à traverser à des moments ou personne n’en a envie, mais quand même.

19 mars

Position inchangée: Amarrés dans la marina de Matthew town, Inagua Island: 20°57.44’N 73°40.74W

20 mars, Les flamands roses

Position inchangée amarrés au ponton de Matthew town: 20°57.44’N 73°40.74’W


Le départ de Great Inagua a pris un peu de retard, afin de pouvoir faire une excursion « oiseaux » avec Tara, une dame connue dans l’île pour ses compétences dans le domaine. C’est la petite fille d’un chasseur de flamands roses reconverti par les autorités en protecteur de ces mêmes oiseaux, dont l’effectif s’était vu dangereusement réduit à 5000 individus. Quarante ans plus tard, la population des flamands roses vivants à Great Inagua est estimée à 50000, les habitants ont été encouragés à chasser plutôt les sangliers mangeurs d’oeufs et d’oisillons, et les descendants de ce garde chasse continuent en amateurs éclairés à veiller sur les oiseaux…
Les flamands roses trouvent un environnement favorable dans les marais d’eu douce à la pointe de l’ïle, et le pompage d’eau de mer distribuée dans des bassins de salinité croissante, sur de très grandes superficies. Les bassins sont séparés par des digues construites avec des cailloux et des sables coraliens, bordés de végétation assez basse mais touffue, dans laquelle se cachent des sangliers, des ânes retournés à la nature, et quelques chats émancipés.
La production de sel est traditionnelle dans l’île depuis 200 ans et plus, mais elle n’est plus acheminée à dos d’âne jusqu’au port. Entièrement mécanisée de nos jours, la récolte de sel fait vivre 80 % des habitants de l’île, et les descendants des ânes « licenciés » se débrouillent très bien tout seuls. Ils prolifèrent même au point d’être eux aussi considérés localement comme un gibier consommable, et du coup se font très discrets, même si leurs crottins trahissent une présence abondante.
Manu a pu se faire plaisir en photographiant des flamands et des spatules roses ainsi que nombre d’échassiers, des aigrettes, des canards et martins pêcheurs, plusieurs espèces de hérons, vivants tous en harmonie. Des petits colibris aussi, des perroquets de Cuba, de quoi se remplir les yeux et le téléobjectif!

Photos de Great Inagua

Faucon Crécerelle d4amérique
Flament rose des Caraibes
Grand gravelot à collier
Spatule rose (Roseate spoon bill)
Martin pêcheur d’Amérique
West indian whistling duck (canard sifleur des Indes de l’ouest)
Grande aigrette
Black crowned night heron
Chevalier à pattes jaunes
Flamant rose des caraïbes
Grande aigrette
Flamant rose et grande aigrette
Aigrette garzette
Tricolored heron
Hummingbird (Colibri)
Flamant rose des caraïbes
Grande aigrette
Grande aigrette et spatule rose
Burrowing owl (Chouette)
Chouette
Perroquet de Cuba
Inagua wood star hummingbird (Colibri endémique de Great Inagua)



Le vent d’est est régulier pendant encore plusieurs jours. Le bateau va larguer ses amarres ce soir pour une navigation de nuit au portant, afin d’arriver au matin sur la pointe sud des îles Croocked et Acklins, passer entre Castle Rock et Mir a Por Vos, et parvenir en traversant de jour des hauts fonds pour parvenir au premier mouillage sauvage du séjour aux Bahamas

Atoll corallien droit devant

Position le 21 mars en mer: 21
°09.77’N 73°44.92’W

Départ à l’aube, GV 1 ris et génois en grand tribord amure en direction de Hogsty reef distant de 45 nm. Peu fréquentée et loin de tout, réputée l’île plus isolée des eaux Bahamiennes , Hogsty reef est l’un des seuls atolls authentiques de l’atlantique et des Caraïbes. En forme de fer à cheval ouvert à l’ouest, dissimulé sous 50 cm d’eau, piège mortel pour les avigateurs quand il n’était pas signalé, il atteint 5nM de large et 3 de haut, il ne possède que deux îles minuscules au nord et au sud d’un immense lagon profond de quelques mètres où habitent comme au paradis toute la famille des poissons de récif, y compris gros mérous tarpons requins et langoustes. Dans le waterway guide, il est décrit comme l’un des plus fabuleux site de plongée des Bahamas, plusieurs épaves sont répertoriées. Se faire prendre là par mauvais temps peut tourner au cauchemar, mais les deux prochains jours sont annoncés cléments: pas d’hésitation, c’est parti pour l’aventure!

Hogsty reef

Position le 22 mars: 21°50.24’N 74°01.24’W, en route pour Acklins Island

Hogsty Reef est un des rares atolls de l’Atlantique, au sommet d’un volcan surgi de fonds abyssaux à plus de 1000 m. En forme de fer à cheval, Iong de 5 MN et large de 3, il est formé de rochers et de coraux submergés, mis à part 2 ilots de sables coraliens ; le plus grand peut servir d’abri précaire contre le vent de secteur Est. Il est marqué par un cairn de pierres, sans doute construit là par des naufragés.

le cairn qui signale l’îlot émerge

L’ancrage au pied de cet îlot offre un fond de sable de bonne tenue, tant que le vent reste faible et bien orienté, mais gare aux vents qui tournent à l’ouest. Près du mouillage, les restes de 4 ou 5 épaves achèvent de se décomposer, d’autres grandes épaves rouillées sont visibles plus loin, couchées sur les écueils submergés. Sur l’îlot, des coquillages retournent doucement à la poussière, une coulée de lave qui semble récente est là qui en a carbonisé plus d’un.

Le vent d’Est 12 à 17 noeuds d’hier offrait une occasion rare de passer par ce lieu sauvage mais d’une rare beauté. Nous n’avons pas osé nous éloigner du bateau ou nous frotter aux arêtes coupantes des blocs de lave. Même par temps calme, le ressac est violent et le mouillage reste rouleur. L’ancre a été levée un peu avant le lever du jour pour prendre la route d’Acklins Island, au nord -ouest

Patates de corail, poulpe en plastique et gros mahi mahi au beurre

Position le 23 mars: 24°26.84’N 74°00.27’W

66 NM entre Hogsty et Acklins , dont 25 parcourus dans 2 m d’eau sur les hauts fonds de la the Bight of Acklins, à guetter les patates de corail.
Le parcours en mer ouverte avait laissé bien du temps pour traîner des lignes.

Claude a sorti un petit poulpe en plastique très affriolant, en parallèle du vieux de l’année dernière : c’est l’appât de Claude qui a eu du succès, merci au vendeur du magasin de pêche de Aurey pour ses conseils éclairés : un mahi-mahi de 1,10 m est venu mordre son leurre.

le mari mari encore scintillant de couleurs. Elles disparaissent très vite quand le poisson meurt


Arrivés au mouillage au bout de 12 heures de navigation, mahi-mahi au menu donc, avec riz pilaf aux oignons de Cuba fondus dans du beurre, le Capitaine s’est fait cuissinier pour cette occasion de sortir un vin blanc!

Soleil levant dans le dos, la surface de l’eau disparaît. Le bateau flotte directement dans le bleu du ciel à 2 m au-dessus du sable et des petits poissons

Crooked island, en territoire de balbuzards

position du 24 mars : 22 41,16 N, 74 17,04 W

mouillage des French wells, Crooked Island

Encore un passage sur des hauts fonds de sable, dérive totalement relevée, pour aller jeter l’ancre près de l’embouchure d’un petit cours d’eau, au pied d’un nid de balbuzards pas trop contents de la visite. Ils n’ont pas arrêté de pousser des petits cris aigues et sifflés, mais sont restés stoïquement sur leur boule de branchages assemblée au sommet d’un petit arbre mort, le temps de plusieurs photos.

Mouillage Croocked Island

Le nid des balbuzards

A quelques milles aux alentours, quelques catamarans ont aussi jeté l’ancre, marque d’un progressif retour à la civilisation. A priori, les bateaux croisés à cette époque de l’année dans cette partie des Bahamas, au Sud du Tropique du Cancer, remontent vers le Nord depuis les Caraïbes, direction USA pour les uns, ou Europe pour les autres. Un bateau canadien rencontré à Mattew Town en était à son deuxième voyage aux Bahamas, et s’était aventuré dans cette zone isolée pour découvrir autre chose, avant de remonter, sans passer par les Caraïbes

Crocodile des Bahamas à pattes jaunes
Balbuzard pêcheur
Aigrette neigeuse
Mocking bird (à vérifier)

Long Island et gros yatchs

position : 23 05,85 N, 74 57,45 W , baie de Clarence town

Hier, journée de spi, de Crooked Island à Clarence town sur Long Island. Une marina est là ou il est parait-il possible de se procurer des légumes et des fruits produits localement, mais impossible de s’y amarer . Elle est totalment renovée après avoir été détruite par l’ouragan Joaquin en 2015, mais fort petite et complètement saturée de bateaux caractéristiques du choix du riche américain retraité en vacances aux Bahamas : gros yachts à moteur, certainement plus dépensiers que ces va-nu-pieds de voiliers.  Clarence Town offre une des rares stations-services du secteur, la suivante vers le sud est à Great Inagua, et leurs besoins en carburants sont considérables. En fruits et légumes aussi, sans doute …

Mouillage rouleur donc pour les voiliers, exposé à la houle et aux courants qui passent à travers les récifs, entre hauts fonds de corail et langues de sable, sur des eaux turquoises à 29°C, sans aucun contact avec la population ou les autres équipages distribués dans la baie. Dîner à bord avec le dernier morceau de mahi-mahi, et un vin du Chili.

Aujourd’hui, c’est une journée 2 ris-trinquette au portant qui s’annonce, les préparatifs sont en cours sur le pont avant de lever l’ancre, étai largable et ridoir pélican, passer les écoutes do bon côté des haubans…

Pacquerettes et piscine à Rum Cay

position 26 mars: 23 38,81 N,  74 50,82 W, bight of Rum cay

Rum cay est une petite île surgie du grand bleu à proximité de l’extremité nord de long Island ; du temps ou elle était peuplée, elle vivait de l’exploitation de salines, aujourd’hui arrêtée. Les ouragans successifs ont ravagé l’île et sa petite marina, désormais encombrée de débris et devenue inutilisable pour les plaisanciers, les maisons avec vue imprenable sur la mer ont vu leurs terrains de réduire avec le recul du trait de côte sous les coups de boutoir de la mer. Nombre d’entre elles sont désormais inoccupées, il ne reste plus sur l’île que 60 à 70 personnes qui cultivent leurs terrains et élèvent des chêvres. Un beau ponton tout neuf accueille le « mailboat » qui les relie au reste de l’archipel, tout comme une grande antenne téléphonique.

Le mouillage officiel se trouve devant la plage de sable extrêmement fin, un peu à l’écart du ponton du mailboat, c’est là que nous sommes arrivés hier après midi. Julie et Luc sur Bulle ont envoyé un message par iridium : ils sont au nord ouest de l’île, dans un mouillage non repertorié dans le waterguide, ou nous allons les rejoindre tout à l’heure. Julie parle d’une « piscine pour dériveurs », de quoi s’attendre à des fonds au ras des pâquerettes.

blog du voilier Bulle: https://www.voilierbulle.com/

Perroquets au barbecue

position 27 mars : 23 41,08 N; 74 55,47 W  Flamingo Bay, nrd ouest de Rum Cay

L’arrivée sur les lieux donne un peu le frisson : passe dans le corail, puis slalom entre les patates de corail, face à un vent établi à 15 noeuds avec rafales à 20, le tout sans dérive, et donc avec un bateau qui se comporte comme une savonette et part à la dérive dès que sa vitesse tombe sous les 4 noeuds. La carte navionics est ici remarquablement exacte, et a été d’un grand secours pour atteindre le fond de la baie en arc de cercle bordée de sable au reflets rose, d’arbustes et de cocotiers.

Mouillage Flamingo bay, Rum Cay
Mouillage Flamingo Bay
Laureline et Bulle
Bulle et Laureline au mouillage

Une fois tout près du rivage, dans la « piscine pour dériveurs » décrite par Julie, le bateau ancré sur 2,5 m par fond de sable, s’est trouvé au calme dans une eau transparente d’un bleu vert très clair, tandis que des nuances de bleus du turquoise au bleu marine profond s’étagent vers l’horizon en un dégradé subtil de couleurs vives.

Flamingo Bay
L’équipage de La Laureline
Mise en place de la main de fer

Bulle au mouillage nous attendait, et l’après midi, Luc et son fils Ulysse (10 ans) nous ont emmenés avec leur annexe plus puissante que la notre, pour aller pêcher le dîner. Encadré avec discrétion par son père, Ulysse aux commandes du hors-bord, puis Ulysse armé d’un grand fusil harpon, il plonge et se faufile dans un trou du corail, remonte avec un beau perroquet bleu et vert qu’il tient hors de l’eau pour le porter à l’annexe sans que les frétillements ou le sang n’attire les requins, à la mode polynésienne, puis repart aussitôt en chercher un autre. Toujours enthousiaste, Ulysse vit depuis 8 ans avec ses parents et sa soeur sur Bulle et n’a jamais connu autre chose. Le soir, pendant que les « grands » bavardent, c’est encore lui qui allume le barbecue à l’arrière du bateau et fera cuire les filets de poisson marinés dans l’huile le citron et le fenouil.

La Laureline et Bulle à Flamingo bay (Photo Julie)

Corail ancien émerge devant Flamingo Bay

A la poursuite des Paille-en-Queue

position ce dimanche 28 mars : 23 51,09 N, 75 07,18 W Conception Island

Le vent établi à l’est pour encore quelques jours est propice aux mouillage dans les îles un peu à l’écart , plantées dans le grand bleu. Sorties vers 9 heure du matin de Flamingo bay sur Rum Cay, avec le soleil dans le dos pour mieux voir les patates de corail, la Bulle et la Laureline sont parties de conserve vers  Conception Island, distante de seulement 12 miles, au portant à 140 degrés du vent. Esprit de régate oblige, même entre bateaux de voyage surchargés, Claude est à la barre, sous grand voile à 2 ris et yankee, alors que Luc et Julie n’ont ouvert que le yankee, estimant que sous cet angle du vent, la grand voile ne sert à rien qu’à déventer le yankee. .. bref, c’est Bulle, avec ses 55 pieds de long, qui est arrivée en premier, au finish, d’une seule longueur de bateau devant Laureline avec ses 44 pieds.

La Laureline au portant
Serge
La Laureline
Préparation du mouillage
Paré à mouiller

Conception Island est une petite île inhabitée, totalement protégée : pas de pêche au poissons, langoustes ou conches. C’est une zone de reproduction pour les oiseaux de mer, en particulier le Paille-en-Queue. C’est aussi un endroit réputé pour la plongée . Desert Eagle, un beau 3 mats, a emmené ses hôtes plonger au bord du plateau coralien côté grand bleu. Au milieu de l’ïle, une baie superbe s’ouvre sur l’ouest, dont les hauts fonds sont moins piégés qu’à Flamingo Bay. Ici, les coraux sont sagement organisés aux pieds de rochers émergeant franchement aux extrémités de la baie. Il y a donc un peu de « monde » au mouillage : sur 2 ou 3 milles de long, un seul gros yacht à moteur, une demi douzaine de voiliers bien espacés les uns des autres, tous respecteux de la tranquilité des voisins.

Plage de Conception Island, Hélène, Manu, Serge et Claude
Claude, Luc (skipper de Bulle) et Manu

Tout heureux de pouvoir sociabiliser un peu, les deux équipages se sont joint pour des excursions en dinguy d’abord pour aller explorer les eaux vert jade d’une mangrove à l’interieur de l’île, pépinière de tortues vertes et de requins nourrices.

Julie Ulysses et Anna, visite de la pépinière aux tortues, Conception Island

Après une courte promenade dans les ruines d’un village ou poussent les dangereux manceniliers, Luc et Julie nous ont emmenés plonger au pied des rochers au bord des vagues. Là, les coraux sont encore vivants, alors qu’à Rum cay, ils sont en grande partie morts. 

Ce matin, une demi douzaine de Paille en Queue se poursuivent au dessus des bateaux.

Paille-en-queue
Paille-en-queue

Il reste de belles choses à voir ici , et il est prévu de rester encore une nuit à Conception Island avant d’aller rejoindre la civilisation à George Town. Le vent s’est renforcé, une houle issue d’une perturbation quelque part dans l’Atlantique va arriver demain, et en fin de semaine, le bulletin météo prévoit l’arrivée d’encore un coup de Norther à 30 noeuds, il faudra avoir trouvé une planque d’ici là.

Voiles en ciseaux

29 mars

La beauté du mouillage de Conception Island invitait à rester un peu, pour profiter de sa tranquilité et aller voir la belle plage côté Est.

Conception Island

Le soleil vient de se lever, les préparatifs du départ sont en cours sur la Laureline en même temps que sur Bulle : les deux équipages montent les tangons pour une navigation voiles en ciseaux par vent arrière, tandis que les Paille en Queue offre au dessus des mats un spectacle d’acrobatie aérienne.

Le vent a un peu faibli, la destination est la baie ouest de Cat Island, à 30 miles nautiques d’ici.

La Laureline voiles en ciseaux
Bulle

L île du Chat

position 30 mars: 24 17,37 N, 75 25,31 W

Arrivée à Cat Island

Le bateau est ancré à Cat Island, au pied de la plus haute colline du pays : 63 m; en haut de la colline trône un hermitage de pierre insolite. Une organisation astucieuse de petites fenêtres permet de maintenir un courant d’air et une température fraîche à l’intérieur de l’édifice construit au siècle dernier pour lui tout seul par le père Jérôme, un prêtre anglican puis catholique venu aux Bahamas pour contruire des églises en dur là où celles en bois étaient balayées par les cyclones. Un clocher robuste , une cellule monacale, une petite cuisine , une coursive avec des colonnes, une mini-chapelle  … c’est finalement plus grand qu’un bateau

Cat Island est la dernière île de la tournée dans le grand bleu, fréquentée par quelques voiliers qui viennent y chercher le calme. Hawk Nest, une marina au sud de l’île est apparemment réservée aux bateaux à moteur, avec une orientation pêche ou plongée. Un voilier semble avoir tenté d’y rentrer, il était hier couché sur un haut fond près de l’entrée. On est bien mieux au mouillage dans la baie, n’importe ou devant les villages. A New Bight, une belle antenne de téléphone sert de repère visible de très loin, les rochers ou têtes de corail se font discrets, le mouillage est infréquentable par vent du nord, nous leverons l’ancre demain à l’aube.

Position 31 mars

Position amarrés dans la baie de Cat Island prets au depart pour Great Exuma: 24°17.37’N 75°25.31’W.

Le guide annonce un village actif, une belle épicerie, des restaurants, une boulangerie … une promenade à terre le matin a permi de relativiser ces informations. Il n’y a pratiquement personne dans la rue qui longe la plage, les bungalows colorés qui hébergent les restaurants sont fermés pour la plupart. Un adolescent nous regarde gentiment passer, mais à la question « savez vous ou il est possible de trouver des légumes ou des fruits? », il répond par un regard étonné. L’épicerie du village est une sorte de bazar ou on trouve des corn flakes, du shampooing, des fers à défriser, des produits d’entretien et quelques conserves, mais aucun légume. Pour ça il faut louer une voiture et aller au marché des fermiers, quelque part au nord de l’île, dans l’après midi… bon, tant pis, le hamac aux fruits restera vide encore quelques temps! nous remettons à l’eau notre petite annexe pour retourner à bord du bateau passer une après midi tranquille sur la surface verte de la baie

Great Exuma Island

Position 01/04/2021 au mouillage devant George town, Great Exuma Island: 23°30.29’N 75°45.84’W

La baie de George Town est une sorte de vaste rade cernée par des bandes de terre, elles même protégées de l’Atlantique par des brisants. Il y a très peu de fond, parfois moins d’un metre au dessus d’un sable blanc parsemé de têtes de corail ou de rochers, très peu d’algues : le résultat est une eau de couleur turquoise, transparente car renouvellée en grande partie à chaque marée, de très jolies villas ou complexe hôtellier s’y sont ménagé une vue imprenable sur la mer, des oiseaux tapageurs s’installent pour la nuit dans les tamarins.
La Laureline est ancrée dans du sable ou l’ancre s’est enfouie avec une bonne partie des 30 m de chaine déposés par 2 m de fond, à quelques centaines de metres de l’anse accessible aux dinguy, le « lac Victoria », qui donne accès à la ville (un gros village) et à ses services. Et tout autour, le long des terres, 2 ou 300 bateaux à l’ancre, une barge au loin s’est ancrée pour attendre les 80 cm d’eau que la marée va lui apporter avant de s’avancer vers le port et livrer ses marchandises. Presque tout est expédié depuis la Floride toute proche, sans doute via Nassau, car un bateau à fond aussi plat n’est probablement pas assez marin pour traverser le Gulf Stream.

Le vent d’est va progressivement baisser avant une courte période de calme plat précédant l’arrivée du front froid qui va étabir sur toute la région un vent de 25 à 35 noeuds pour le week end de Pâques

Pascal l agneau aux Bahamas

position 2 avril : Elisabeth Harbour, devant George Town
23°30.31’N,75°45.83’W

La journée d’hier a été consacrée à quelques courses : voici 2 mois qu’une si belle superette n’avait été accessible! tous les bateaux en dépendent pour tous les repas pris à bord, car aucun restaurant n’est ouvert. Seuls sont accessibles des cabanes qui vendent de la bière et des alcools en plein air, et proposent un accès wifi. Il y a  même un super bazar ou Manu a pu trouver de quoi remplacer les batteries du guindeau et du propulseur, qui avaient fait leur temps, car elles étaient d’origine. Ce matin, une grande bande de nuages gris foncés arrivent du nord avec le front froid qui descend de Floride, les bateaux ont encore le nez dirigé vers l’Est pour recevoir un petit vent qui ne va plus durer avec cette direction ni ce calme. Il est temps de remonter le dinguy et son moteur pour déplacer le bateau et aller chercher une planque derrière une île en face de George Town avant que le vent du Nord ne déboule, avec les vagues qu’il ne va pas manquer de soule
 ver sur la surface de la grande rade. Le coup de vent va durer 2 jours avant de s’assagir progressivement et basculer nord-est

Les clients de Bulle ont renoncé à leur voyage, trop compliqué par temps de covid, avec les tests et les périodes de quarantaine à l’aller comme au retour qui prennent sur leur temps de vacances. Du coup, Luc et Julie nous invitent à partager dimanche de Pâques le gigot de mouton qu’ils ont mis au congélateur en préparation de leur arrivée!

Avis de grand frais

Position 3 avril: 23°30.50’N 75°44.45’W

Avis de grand frais jusque dimanche. La Laureline est solidement ancrée sur fond de sable sagement abritée du Nordet par une pette colline

Une rangée de lourds nuages gris et mauves barrant tout l’horizon est arrivée du Nord dans la matinée, et tous les bateaux sont allés rejoindre devant les collines ceux qui y étaient dèjà. Vers 11H15, le vent soufflait mollement du Sud. A 11h20, il est passé au Nord, 11H25 il avait atteint 22 noeuds, puis il a continué de monter jusqu’à la nuit. Tous à l’unisson, les bateaux se sont retournés pour suivre le vent. Un petit village de coques et de mats est installé là, tout le monde reste à bord. C’est le moment de sortir les bouquins, les vidéos, le scrabble, la levure et la farine, les ciseaux du coiffeur. C’est Serge qui m’a coupé les cheveux en arrivant à Cuba, il faut lui rendre la pareille, j’ai déjà coupé les boucles de Manu. Claude s’est débrouillé tout seul, une boucle par-ci une boucle par là, le résultat obtenu est très correct.

Les conditions d’accueil aux Bermudes font réfléchir. Il faut faire un test PCR à Nassau (120 dollars le test + le prix de la marina), faire une demande par internet 5 jours avant de partir, attendre l’autorisation, mais comme les marins arrivent forcément plus de 5 jours après le test, ils doivent porter un bracelet electronique facturé 550 dollars, auxquels s’additionnent les frais pour couvrir les tests antigéniques et les frais d’immigration, de douane, et disposer d’un téléphone (à louer au besoin 50 dollars par semaine) capable de communiquer via internet un bulletin de santé quotidien pendant le temps d’une quarantaine et ou du séjour. Bref, moyennant une dépense minimale de 700 dollars par personne, il n’est même pas certain qu’il soit possible de débarquer. La covid est vue comme une opportunité de faire un petit commerce aux dépens de la grande transumance des voiliers, qui arrivent pourtant après une période de confinement absolu à bord! Les Équipages de la Laureline et de Bulle se sont donc résolus à ne pas s’arrêter aux Bermudes, ce sera une traversée de 3 semaines sans arrêt jusqu’aux Açores, en espérant qu’un confinement aussi long sera pris en considération par les autorités portuguaises pour bien vouloir nous considérer indemmes d’infection par le coronavirus…

En attendant l accalmie

4 avril, Amarrés à l’abri du norther. Position: 23°30.51’N 75°44.45’W

le village de bateaux à l’ancre est toujours là, le nez au Nord, dodelinant sur l’eau; les équipages sortent très peu le nez dehors, les dinguy ont pratiquement cessé de sillonner la baie en tous sens. La reprise des activités est soumise à l’intensité du vent du nord
Un kite surf a fait une apparition assez brève, puis Luc a sorti sa planche, et s’est offert une grande excursion tout seul dans la rade, vent à 25 noeuds et vagues minimales, ça « donne »! puis il a gréé sa planche avec un petit gréement gonflable pour Ulysse qui se débrouille déjà pas mal
Les prochaines étapes dans les Exumas puis Eleuthera et Abaco se précisent à force d’éplucher le guide nautique et les cartes. Encore 180 milles vers le nord, avant d’entreprendre la traversée

arrivée du front froid et du « norther »

Lever l ancre

5 avril position: 23°31.72’N,75°46.34W départ du mouillage dans Elisabeth Harbor

Le vent s’est établi à environ 15 noeuds, la dépression s’éloigne vers l’ouest de l’Atlantique, il est temps de reprendre la route vers le nord, par sauts de puce. La Laureline a levé l’ancre ce matin et se sépare de Bulle, contrainte d’attendre à George Town des pièces de rechange pour son pilote automatique. Une séparation qui intervient avec regrets, après de délicieux moments passés ensemble aux grès d’une pérégrination entre les îles et de festins mémorables (ah, ce gigot de 7 heures pour fêter Pâques!).
Luc et Julie sont en contact avec d’autres équipages remontés du Guatemala et qui se préparent doucement pour la grande transhumance des voiliers vers les Açores et l’Europe courant mai

The Islands of Copperfield Bay

Position le 6 avril: 23°56.14’N 76°20.05’W

Les Exumas sont une longue série d’îlots de rochers, assez plats, couverts d’une végétation rase , parsemée d’arbustes un peu plus hauts, qui séparent d’un côté la face « sound », bleu profond et agitée par les vagues de l’Atlantique, du côté « banks », hauts fonds de sables et de corail, eaux turquoises ou vertes, protégées des vagues par les îles. De nombreuses passes plus ou moins praticables selon le vent ou la marée permettent de passer d’un côté à l’autre.
Premier mouillage côté « banks » des Exumas : Musha Cay, une île qui appartient à David Copperfield, ou il a fait planter un décors de rêve, cocotiers-sable blanc – arbustes fleuris, autour de maisons basses de style polynésien, couvertes d’un chaume de palmes, et plus haut sur l’île, des maisons bahamiennes avec des toits à 4 pentes qui ont vue sur les sounds et les banks. Le tout peut heberger 12 personnes, et est offert à la location pour 42 000 dollars par jour.
La curiosité incite à aller jeter l’ancre devant la plage. Une belle grosse raie se prélassait au soleil près du rivage, le projet a vite germé d’aller l’approcher doucement à la nage. Mais ces eaux lisses et turquoise incitent des tas de gens à y passer sur des canots à moteur à fond les manettes. A peu près tous les 1/4 d’heure, un canot venu de nulle part passait à toute vitesse pour aller ailleurs. Une vedette ancrée plus loin a mis à disposition de ses passagers des jet skis, et 2 abrutis motorisés se sont approchés, ont vite repéré la raie noire sur fond de sable blanc et entrepris une ronde effrennée autour d’elle, sans doute leur façon d’observer la nature … le projet d’aller visiter ce pauvre animal s’est enfui avec lui, la crainte de se faire scalper ou couper en deux par ces sauvages interdisait toute excursion à la nage. Les maisons et la plage de Musha Cay étaient désertes, ni David Copperfield, ni Claudia Schiffer, seulement en rêve..

Si vous êtes intéressés:

https://www.myprivatevillas.com/luxury/caribbean/bahamas/16095/musha-cay-the-islands-of-copperfield-bay

La plage des cochons

position le 7 avril : 24°11.19’N, 76°29.78’W
La plage des cochons, Big Major spot

La plage des cochons est un lieu d’attraction touristique incontournable des Exumas du Nord. Des cochons y vivent en liberté, nagent, et recoivent la visite de milliers de touristes. Cette très belle plage est située dans le fond d’une grande baie dont la partie Sud et Est se découpent dans le rivage de l’ïle Big Major Spot, une île assez haute sur l’eau, couronnée de verdure, tandis que la partie Nord et Ouest est constituée de nombreux îlots rocheux qui s’échelonnent jusqu’aux récifs et brisants du large. Des maisons de location ont été construites sur les îlots les plus proches. Le fond de sable est parfait pour y jeter l’ancre, et ce mouillage bien protégé des vents de secteur Nord, Est à Sud, est très peuplé. Loin de la plage, de gros yachts coiffés de toboggans gonflables, accompagnés de canots puissament motorisés et de ribambelles de jet ski et autres jouets flottants à trainer. Plus près d’autres yacht plus petits, des voiliers de tout poils, 
 tout près du rivage rocheux, côté nord ouest, des catamarans et dériveurs, la Laureline y trouve son bonheur dans moins de 2 m d’eau. Au milieu de tout ça circulent les annexes pour aller à la plage aux cochons, à la plage pour la promenade des chiens, ou celle du pique nique entre équipages. 
Surtout, les îlots du nord et de l’ouest offrent un terrain de jeu épatant pour les engins rapides qui y slaloment à grand renfort de vrombissements et de vagues, jimkana qui naturellement se prolonge presque sans ralentir entre les bateaux au mouillage. La danse du scalp en jet ski au dessus des raies semble être une habitude locale.
Le dinguy de la Leureline est resté suspendu à l’arrière du bateau, tant pis pour la visite des cochons. Une grande raie est venue se réfugier sous l’échelle de bains, avec ses poissons pilotes pour lui nettoyer les ouïes, pendant qu’en préparation de la traversée, sont gratés les barnacles qui s’accrochent à la coque. Un petit requin taupe est passé là aussi en rasant le fond.
A la tombée de la nuit, tout ce bruit et cette agitation se calment, les mouettes peuvent enfin s’exprimer un peu. La poussière d’îlots se découpe en noir sur la mer lissée qui reflète les couleurs orangées du couchant, offrant un spectacle sublime tandis que se taisent les derniers chants d’oiseaux. 

La route aujourd’hui enjambe la réserve naturelle « land and sea park », ou il est interdit de pêcher, ramasser des coquillages ou même de jeter l’ancre, il faut téléphoner et reserver à l’avance une place sur une bouée, guetter le signal radio qui indique ou est la bouée attribuée et quand…bref, trop de contraintes, pour au bout du compte se trouver au milieu d’une circulation dense. Une longue route s’ouvre donc devant l’étrave avant l’étape du soir au nord de l’archipel des Exumas. Sans vent ou presque, c’est le moment ou jamais de tester le tourmentin, toujours en préparation de la traversée. Une longue estrope permet de hisser le tourmentin sur l’étai larguable sans désendrailler la trinquette, une très bonne idée du voilier de Cherbourg: encore merci à Nicolas Yvon.

essai de tourmentin par beau temps
La longueur de l’Europe permet de greer le tourmentin en laissant en place la franquette pliée dans.son sac. Ça limite le nombre d’aller et retour à faire jusqu’à l’etrave quand les vagues balayent le pont. Bien vu!

L île aux iguanes

Position le 8 : 24°45.89’N, 76°51.12’W sortie de Allencay

dernier mouillage hier soir aux Exumas : Allens cay,l’île aux iguanes..

Situé au milieu d’un groupe d’ilôts rocheux, ce mouillage relativement étroit est superbe. Traversé de courants de marées qui remodèlent le fond, creusant ici un sillon de 6 m de fond et déposant là des sables blancs sous 50 cm d’eau, il présente toutes les nuances de bleus du bleu-vert pâle au bleu cobalt, nuancé par la présence d’algues sombres ou de rochers jaunes. Un demi-douzaine de bateaux se sont tout de même arrangés pour jeter l’ancre là, sur une bande de sable par 2 – 3 m de fond. Selon les marées, les bateaux se réorientent dans le courant en pivotant comme les pages d’un livre, l’un après l’autre.
Le principal intérêt est l’îlot central, Leaf cay, ou survit une petite colonnie d’iguanes endémiques des Bahamas. Il semble qu’ils doivent leur survie à la dératisation de leur île, et sans doute aussi à l’absence d’aigles balbuzards comme ceux de Croocked Island, qui ne feraient qu’une bouchée des plus petits.
L’ilôt est minuscule, et ils doivent avoir du mal à trouver leur nourriture, car ils ont pris l’habitude d’attendre les visiteurs et leurs légumes ou épluchures. Ils se regroupent sur leur petite plage et viennent au devant des canots ou nageurs qui se succèdent, prêts à sauter pour attraper la feuille de salade ou l’épluchure de carotte qui leur est tendue.
Ils sont beaucoup plus petits que ceux de Banco Chinchorro au Mexique, moins richement colorés, et leur épine dorsale est moins développée. Le corps vert bouteille, la colonne vertébrale dentelée de mignonnes petites épines vertes, une longue queue, des tâches de couleurs rosâtres ou orangées apparaissent sur la tête des plus âgés et dans la poche de peau frippée qui se dévellopent sous leur menton, ils regardent attentivement le visiteur comme le font les poules, d’un oeil puis de l’autre, avant de décider de l’attitude à adopter. Ils cohabitent avec de petits oiseaux eux aussi assez familiers.

L’ancre a été levée à 6h30 ce matin, un fin croissant de lune se découpait côté Est sur les couleurs oranges et roses de l’aube. Une longue journée de navigation devrait nous amener au nord de Eleuthera en passant par les Yellow Banks, un champ de têtes de corail par 3 m de fond. Le vent faible offre l’opportunité de cette traversée qui doit se faire avec une bonne visibilité des fonds, et donc de préference avec le moins de vagues possible et avec de le soleil haut dans le ciel.

Spanish wells

9 avril

Plusieurs possibilités sont offertes pour préparer le bateau pour la traversée. Il faut pourvoir grimper au mat pour quelques vérifications, contrôler le serrage des boulons de la barre de direction, des cosses de batteries, trouver du ravitaillement en produits frais… bref, une marina située au nord des Bahamas. Les plus connues sont situées sur Abaco , mais elles ont été ravagées par l’ouragan Dorian, en 2019. Il était prudent de prendre rendez-vous par téléphone… mais pas de réponse. En revanche, Spanish wells yacht haven, au nord de Eleuthera, a décroché à la première sonnerie. ..

Pour y aller, il faut traverser Yellow banks, une zone qui vue de loin sur la carte semble constellée de têtes de corail par 2 à 5 m de fond. Mais les cartes sont ici remarquablement exactes, et Yellow Banks a été passée en 2 heures sans anicroches.

Spanish wells est une petite ville de pêcheurs où la Laureline est arrivée dans le sillage du « mailboat ». Ce bateau à fond plat progressait très doucement en traînant son ventre au fond, soulevant des nuages de sables blancs. Pas de vase ici, la propreté des eaux est soigneusement préservée

Spanish wells semble difficilement accessible aux bateaux à fort tirant d’eau! dérive relevée mis à part un petit bout, la Laureline rejoint sans difficulté le ponton qui lui a été réservé

le mail boat laisse derrière lui une trainée de sables en suspension
La marina offre des « slips » de grande taille. La Laureline s’y trouve très à l’aise au milieu des yachts de milliardaires
des mouettes occupent le slip voisin.

Suivre une dépression? (de pas trop près)

position le 10, comme hier : 25°32.46’N, 76°45.36’W  Spanish wells Yacht Haven

Les pontons de Spanish Wells Yacht Haven offrent un accueil cosy : un complexe hotelier de bungalows, un restaurant sur pilotis, un joli jardin arrosé tous les jours, avec des haies bien vertes, des cocotiers, des bougainvilliers, des arbustes à fleurs tubulaires qui attirent des colibris, une piscine qui interresse beaucoup les mouettes, des douches avec paumeau, robinets, et même de l’eau chaude, une laverie propre, des passerelles, le tout avec une large utilisation du bois brut ou de peintures aux couleurs vives pour les bâtiments. Des voiturettes de golfe sont offertes à la location, pour aller faire des courses dans un supermarché comme on n’en a pas vu depuis le Guatemala. A 4 dessus plus les cabas, c’est un peu juste, mais ça roule.

Marcel Olliver étudie la météo pour évaluer au mieux la fenêtre de tir avec le Capitaine. Une dépression est en train de descendre sur les Bermudes qui partira forcément vers l’Europe. L’idée serait de prendre le train dans son sillage, en évitant de l’approcher de trop près, avec départ théorique de traversée mardi ou mercedi…

le bolide pour faire les courses
la plage sur l’estran découvre à marée basse sur de grandes distances

Départ demain

Position le 12 avril: 25°32.46’N 76°45.36’W, amarrés au ponton a Spanish Wells
La belle opportunité meteo pour un départ demain mardi se confirme, avec pour particularité de rester pendant plusieurs jours entre 25° et 30°, (au lieu de monter au 38°) a distance du centre de la depression, en profitant de ses vents porteurs (sens inverse des aiguilles d’une montre dans l’hemisphere nord, loi de Buys Ballot) et en s’efforcerant de garder le même isobare (le baromètre a ete re-etalonne avec la valeur donnée par l’aeroport) afin de rechercher un vent portant « confort ».
Mais il faudra bien ensuite gagner en latitude, quand les depressions seront montées et quand se presentera l’anticyclone., (on n’y est pas encore) l’objectif étant de faire escale aux Açores si possible.

Météo demain:

https://earth.nullschool.net/fr/#2021/04/13/0500Z/wind/surface/level/orthographic=-54.06,27.05,239

Adieu Bahamas

12 avril,

Dernier après-midi dans les Bahamas, avant d’y prendre trop goût . L’atmosphère de Spanish Wells est très agréable, décontractée, lumineuse. Les gens sont accueillants, blancs et noirs travaillant ou pêchant ensemble en bonne entente, sans une once de ce pénible racisme anti blancs qui pourrit l’arc antillais.

Il est facile de comprendre le plaisir que prennent Américains et Canadiens à venir passer des vacances très dépaysantes à deux pas de la Floride, trois du Maine, en bénéficiantd’un accueil chaleureux. Il y a ici beaucoup de maisons bien entretenues, locations ou peut-être même résidences de retraités ou il fait bon vivre, qui semblent avoir jusqu’à présent bien résisté aux ouragans qui ont pourtant durement frappé l’île voisine, Abaco.

La plage de Spanish Wells à marée basse. Certaines maisons évoquent Edgar Hopper
Photographiés par notre voisin de ponton
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