2022 : Ecosse et Norvège

La Laureline se trouve désormais dans l’hémisphère Nord, elle a été hivernée à Arzal. Avec un été entre juin et septembre donc. L’occasion de repartir vers des contrées plus familières, déjà visitées brièvement en 2015 et 2016, avec un goût de trop peu.

Equipage réduit à trois personnes cette année : Emmanuel, Serge et Hélène jusqu’à la mi-août, prévue à Boulogne sur Mer, puis Emmanuel, Anaïs et Hélène de Boulogne sur Mer à Arzal fin aout.

Le Capitaine aurait aimé rattraper le temps « perdu » en raison de la période électorale en taillant sa route plein nord, tout droit vers ces îles habitées par des oiseaux, tout là-haut. Selon la météo, et sachant que tirer des bords face au vent et aux vagues n’est pas le meilleur moyen de s’amariner, il y aura quand même une acclimatation de l’équipage en Bretagne et ou en Pays Pays de Galle avant de s’engager dans le Chenal Saint Georges .

Un faux départ, puis un vrai

Faux départ… Le départ devait avoir lieu le 21 juin, l’écluse de 17 heures avait été réservée, mais c’était sans compter sur la défaillance de l’écran de la table à cartes, dont les contacts corrodés ne laissaient plus passer de signal. Un jeune électricien est rapidement venu monter un écran neuf, et c’est alors la station-service qui s’est trouvée à cours de gasoil…bref, ça a été l’écluse de 20 heures, et le ponton d’attente de la marée montante du 23. Nuit au calme et départ à 6 heures 30 sur la Villaine, soleil matinal et dégradés de verts et de bleu, cheminement dans les méandres de la rivière. À la sortie de l’estuaire, il est temps de hisser la grand voile.

La Villaine au solstice d’été, début de marée montante

Mais voilà qu’elle est crevée de plusieurs estaffilades verticales, dont une grande! retour à la case départ, appel téléphonique au voilier, il est fermé mais accepte de nous recevoir. En arrivant au ponton, la marche arrière se bloque transitoirement , appel au mécanicien, qui va passer..
Grand voile démontée, descendue, roulée sur le diable, acheminée chez le voilier qui procure des pièces collantes et les coud sur la toile fatiguée. Retour au bateau, remontage des lattes, voile hissée à bord, puis fixée aux coulisseaux, le bateau est changé de bord pour se trouver à peu près face au vent, pour remonter les bosses de ris, pas possible de hisser la voile, elle est remise dans le lady jack, le mécanicien est passé et a corrigé un réglage de la butée du câble d’embrayage..

Des estaffilades se révèlent dans la grand voile
Fabrice applique une double videlle pour fixer les insignas collés sur les trous

…il est 17 heures, le vent de sud-ouest a ramené la pluie, il est temps de partir avant que la marée ne soit complètement basse. Et vogue la galère.

Cette fois ci sera peut-être la bonne!

Traversée de la Manche , arrivée à Penzance

Du temps perdu au départ alors que la fenêtre météo est étroite… Une dépression s’éclate sur l’Irlande, une prolongation atteint les côtes de la Cornouaille vendredi en milieu de journée. Comme le vent est nul au début puis se lève au portant, le Capitaine décide de traverser la Manche dans la foulée de la croisière devant les côtes bretonnes, pour attendre à Penzance l’accalmie dans le canal St Georges

Un Capitaine heureux devant la cardinale ouest de la chaussée de Sein

Pression atmosphérique à 1011, ciel bleu, la mer très calme permet une progression lisse  et une entrée dans la nuit sereine

À partir du quart de minuit, le baromètre entreprend une descente régulière. Nuit noire , brouillards, laissent la place à un jour maussade, le vent monte progressivement du sud ouest. Arrivée sur les chapeaux de roue, et sous une pluie battante, poussés par un vent de 25 30 nœuds, juste avant l’ouverture de la porte du port à flot.

La Laureline attend à l’ancre dans le port à sec  l’ouverture de la porte 2 heures avant la pleine mer et 1 heure avant. Un pêcheur est le premier à rentrer aux abris. Dans le fond, le Mont Saint Michel local

Un pêcheur est le premier à rentrer au port à flot.

Penzance est un port de bateaux fantômes et de résurrections.  Celui-là était en pleine restauration lors du dernier passage de la Laureline.  Il est magnifique, comme neuf malgré ses 60 ans, il a retrouvé du travail.

Il y a quelques années, ce bateau était meurtri, sa coque grise mangée de rouille, le mât chargé d’un équipement d’un autre âge. Après beaucoup de travail, le voilà qui porte beau, ses formes vintage font tout son charme

La Laureline, avec ses 2 bidons bleus sur le pont, au milieu des bateaux fantômes
Pas sûr qu’il y ait de rédemption à attendre pour ce fantôme là.
Éclaircie entre 2 ondées

Golowan festival, back to the future

Morag est écossaise. Elle a racheté avec son mari un bateau de pêche de 1927. Ils ont travaillé dessus pour le rendre apte à reprendre la mer, direction Edimbourg, ou il sera modifié pour devenir charter au départ de Oban.

Le bon moment pour rester bloqué à Penzance : le festival de la saint Jean,  Golowan festival en gallois, bat son plein. Le thème cette année : back to the future , et les musiques traditionnelles régionales ont le vent en poupe.

C’est aussi l’occasion de célébrer le 40ème anniversaire du jumelage de Penzance avec Concarneau. Les maires se lancent dans leurs discours chacun dans sa langue, une délégation de Bretons est là.

La Laureline arbore le pavillon jaune signifiant que Penzance est le premier port utouché en Grande Bretagne. Les autorités portuaires ne savent pas trop quoi faire des nouvelles règles depuis le brexit. Deux autres bateaux français sont dans la même situation, dont les équipages n’attendent plus à bord un hypothétique passage des douanes.

Oyez, oyez. Oh yeah !
Fanfares et flonflons
Délégation de Concarneau

Couronnés de fleurs ou portant des chapeaux excentriques,  vêtements bariolés,   une pinte de bière à la main… les gens s’amusent de bon coeur, suivent les fanfares, dansent en rondes en marquant la cadence.

Un thème récurrent est porté par plusieurs groupes de musique folklorique entourent un duo de danseurs,  une femme avec un fouet ou un tambourin, qui fait danser un squelette de cheval couronné de fleurs et qui claque des dents en mesure à l’occasion. Deux groupes rivaux jouent sur ce thème. Le Golowan band et son cheval noir revendiquent d’être les premiers

Le Golowan band et son grumpsy 8old witchcraft
un squelette de cheval couronné de fleurs danse pour sa dompteuse

Au fil des jours passés dans le port, alors qu’il fait 30 nœuds dehors, nous rencontrons d’autres équipages, et leurs bateaux. Un homme s’occupe de Terramar , une barge capable de brancher pour déposer du matériel roulant, construite pendant la seconde guerre mondiale et qui travaille toujours entre Penzabce et les Scylly.

Ambiance bon enfant et décontractée, tout le monde court se protéger des giboulées brèves avant de se retrouver autour des musiciens.

D’autres groupes s’expriment de façon plus classique,  école de jazz ou fanfares, groupes rock.  Sans compter la fête foraine et un feu d’artifice.

Toujours bon pied bon oeil


Certains bateaux sont vieux, mais ils travaillent toujours. Notre voisin, Terramar, a été construit pendant la seconde guerre mondiale, il est capable de « beacher » pour débarquer du matériel roulant. Il le fait toujours, au Scilly, et reprend son service demain, fraîchement repeint.

Terramar un jeune octogénaire

Morag est écossaise, elle a fait l’acquisitionavec son mari d’un bateau de pêche de 1927 qu’il vont réaménager pour en faire un charter. Pour le moment, le bateau a été remis en état de prendre la mer, et par la semaine prochaine pour Edimbourg.

A côté, un bateau plus que centenaire est arrivé à la rame, il n’a jamais eu de moteur et n’a jamais cessé de travailler. Ce bateau est la maison de ses propriétaires, et avec leur look de Robinson Crusoé, son capitaine et sa femme sont allés un peu partout, comme en Afrique du Sud, avec leur 4 enfants. Barre franche, équipement rudimentaire…

Le bateau de Morag, en partance pour Edimbourg, et son voisin centenaire en partance pour Douarnenez

Le gros du coup de vent est passé aujourd’hui, avec de violentes averses. Ce soir le vent s’est calmé, les nuages partis pour quelques heures, le temps de faire un peu de courses : départ demain avec l’écluse de 6 heures

Accalmie et éclaircie, les vagues sont encore en forme
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