23 décembre, Antofagasta

Pour financer leur tour de l’Amérique du sud avec sac-à-dos en stop, bus,
et « couch surfing », Pauline et Philibert, franco-suisses de 20 ans,
sculptent des objets artistiques en bois pour les vendre sur les marchés.
La main droite de Philibert est emballée dans un gros pansement qui tient
avec du scotch, parce que le tournevis qui lui tient lieu de gouge a dérapé
et lui est entré profondément dans la paume de la main droite. Très
inquiets, ils cherchent où se trouve l’hôpital d’Antofagasta. A bord du
bateau, l’examen détaillé de la main montre qu’il n’y a pas de lésion du
nerf médian, il s’en fallait d’un millimètre. Après nettoyage et antiseptie
a été appliqué un pansement hydrocellulaire auto-fixant qui possède une
matrice absorbante multicouche (Mepilex-Border flex fourni au bateau par le
Docteur Marc Gras). En quittant le bateau hôpital « Laureline », Pauline et
Philibert avaient retrouvé un grand sourire. EG

Depuis Valparaiso, le cheminement du bateau suit la Cordillière de la
Costa, succession de dunes friables faites de cailloux et de sables qui se
pressent jusqu’aux rivages. La végétation qui y pousse se raréfie : petits
buissons rapprochés et eucalyptus sur les hauteurs à Valparaiso, cactus
rampants drapés de filets de lichen à Isla Damas et Punta Azucar. Cette
organisation symbiotique permet de capter les brumes qui se forment chaque
nuit et de produire des fleurs dont se repaissent de petits oiseaux. A
l’approche de Antofagasta, la Cordillière de la Costa arrive sur la mer
avec des montagnes de dimensions collossales, de couleur pastel, gris ou
beige, bleuté dans les lointains, avec de vastes vallées de sables blancs
suspendues entre les sommets plus sombres. Sous la lumière rasante du lever
de soleil, la surface de la mer, lissée par l’absence de vent, apparait de
métal fondu, ou marsouinent des familles entières de petits phoques.
Dans la rade d’Antofagasta, l’eau de la mer est de couleur café : elle
contient une suspension de fines poussières brun-rouge. Pourtant, de
nombreux oiseaux de mer y vivent, ainsi que des lions de mer qui viennent
se reposer au soleil sur un ponton branlant dans la marina.
La zone portuaire reservée au cargos est active : on y décharge des trains
entiers de plaques de cuivre, qui sont transbordées sur des bateaux
« chargés de matières dangereuses », d’après les informations AIS.
La ville elle même est divisée en deux zones : un bord de mer huppé, de
immeubles élevés, des banques, un supermarché opulent pour faire les
courses de Noël, un immense magasin de meuble, alors que les hauteurs sont
couvertes jusque très haut dans les cailloux, de petites maisons
enchevêtrées qui abritent sans doute la majorité de la population et où
chaque nuit éclatent des échauffourées entre révolutionnaires et policiers.
HG

Posicion : 22°32′ S, 7O°31′ W
Rumbo : 5 °
Velocidad : 5,9 kt.

Destino : Iquique, ETA Martes veinte y cuatro de diciembre

ETA : Arica el primero de enero 2020 a las 12:00 Hrs

1 réflexion sur « 23 décembre, Antofagasta »

  1. Le 24/12/2019
    Joyeux Noël à tous.

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