Eté 2025

sentier creux à Port Ellen

Cette fois, l’équipage est très réduit : nous ne sommes que deux , ce qui limite les conditions météo envisageables pour les traversées. L’âge venant amène la prudence, et des étapes courtes. Départ de Arzal ce lundi 29 juin alors que la canicule est annoncée, pour progresser par sauts de puce vers le Nord, en rêvant de revoir Port Ellen et  les macareux de Tresmish.

30 juin. Sauzon. Ambiance Bahamas sur la route de Belle Île. En fin d’après-midi, un air chaud est exhalė dans l’embouchure du port de Sauzon. 

Mais bientôt une brume grise envahit tout l’horizon et descend perlée de fine gouttes d’eau rafraîchissantes. C’est la Bretagne !

le port de Sauzon,  vu depuis la zone de mouillage sur bouées

1 juillet . Les Glenans.  La brume se soulève un peu avec le lever du jour, couvrant uniformément le ciel de gris. Vent très incertain, houle tranquille de Nord Ouest, et dauphins joyeux accompagnent le bateau vers l’archipel des Glenans. A l’arrivée, la brume se déchire sous le soleil de juillet, laissant des nuages en lambeaux qui annoncent le renforcement du vent pour cette nuit. Les petits bateaux de l’école des Glenans s’en donnent à coeur joie! En revanche, le mouillage est bien moins complet que d’habitude en cette saison.

2 juillet. Glander aux Glénans. C’est sans doute l’endroit de rêve pour se la couler douce, même quand il y a du vent et de la pluie. Les bateaux mouillés hier devant Bananec sont repartis à Concarneau avec leurs équipages bien rôtis. Le plan d’eau est libre pour les petits catamarans école et les véliplanchistes.

Le vent du Nord va se calmer dans la nuit, laissant un créneau d’une dizaine d’heures pour aller franchir le raz de Sein avant la renverse du courant, et gagner Camaret juste avant le prochain coup de vent. Départ donc à 2 heures du matin , il faut préparer les frontales et sortir d’une douce léthargie

3 juillet, panne électronique. Tout l’équipage était prêt dès potron minet, et même avant. Mais pas la centrale de navigation. Plus de cartes, ni d’informations AIS, le pilote se plante, et perd sa position GPS. Pas drôle de naviguer au sextant, pas évident dans le Raz de Sein, le dédale du passage du Four vers l’Aber Wrac’h…. En naviguant à l’ancienne, le bateau est arrivé sous un soleil magnifique à Port la Forêt, dans l’espoir de trouver un électronicien qui ravigote notre malade

5 juillet, se préparer pour le Raz

Ce bon vieux NavNet est mort, après avoir loyalement accompagné la Laureline sur 66 000 miles, malgré des caprices fréquents dès l’origine. Entre Spitzberg et Antarctique.

Le barreur devra se débrouiller avec ce qu’il voit, et, heureusement, le périphérique intérieur marche toujours, recevant les informations de position et d’AIS, tout en gardant un accès aux cartes marines.

En espérant qu’il ne décide pas de rendre l’âme aussi, vu qu’il a le même âge vénérable. Bon. On fera avec. Le pilote automatique, d’époque lui aussi, semble encore opérationnel.

En attendant, dégustation de praires des Glenans à la crème de Normandie avec un petit muscadet bien frais, tout en refaisant les calculs pour passer le Raz avec un courant portant, re-belote potron minet, cette fois ci sous la pluie.

6 juillet, Camaret. Les prévisions météo avaient clairement sous estimé la force du vent  : annoncé à 13-15 d’ouest, observé 18-23, rafales à 30 de secteur Nord dans le Raz , contre les courants, de face. Creux de 3 à 4 mètres où disparaissent des fous de Bassan juvéniles, et la coque de Pen Duick 3 , croisé devant le phare de la Vieille.

Mais la Laureline ne s’est pas émue de cet épisode inconfortable, grand voile arisée et appui moteur , pour arriver avant le renforcement du vent attendu dès ce soir dans la marina Vauban de Camaret.

Accueil chaleureux de la Capitainerie. Ce soir, pas besoin de berceuse !

7 juillet, encore à Camaret. Le vent de 25 nœuds avec rafales souffle du Nord, autant rester à quai avec de bonnes amarres et visiter un peu le village. Jadis haut lieu de la sardine, Camaret s’est trouvé forcé de s’adapter quand subitement, en 1902 1903, la sardine a disparu du secteur. Les pêcheurs se sont alors convertis à la langouste, pêchée du côté de Belle Île dans des bateaux équipés de viviers, révolutionnaires à l’époque. La langouste s’est aussi épuisée, et les bateaux équipés de moteurs arrivés après-guerre sont désormais en train de se décomposer au bord du plan d’eau . Reconversion dans le tourisme, avec accueil de plaisanciers dans la rade, et d’un tourisme populaire appâté par des terrasses avec vue sur le port, sans recherche d’originalité de bières locales.  Les restaurants proposent des menus plutôt bas de gamme à des prix exagérés. Des artistes de tout poils tentent l’aventure quand même. Les paysages sont magnifiques et justifient les promenades en vélo ou en bateau à plafond de verre pour aller voir le Tas de Pois, Le Cap de la chèvre et autres rochers au bout de la presqu’île de Crozon.

8 juillet. Le passage du Four et l’aber Wrac’h. Petit vent de Nord Est, voiles à 20 ° du vent et appui moteur, une superbe journée en mer. Les fous de Bassan en famille ont repris du poil de la bête depuis la grippe aviaire en 2022 qui avait décimé 80 % des juvéniles. Croisé Pen Duick sous spi après avoir rencontré Pen Duik 2 à Camatet hier et Pen Duick 3 au Raz de Sein. Il doit y avoir le nid dans le coin. Arrivée à l’Aber Wrac’h, toujours aussi splendide, pour profiter d’une belle balade au bord de l’eau pour voir le fort Cozon.

10 juillet. Newlyn, en Cornouaille. Traversée inédite par calme plat et légère brume, en plein dans un anticyclone bien installé. Arrivés à temps pour l’ouverture de l’écluse de Penzance, mais pas de place pour nous!

Après quelques heures à dormir à l’ancre dans la baie, Newlyn nous accorde l’hospitalité de l’un des quelques pontons accordés aux plaisanciers, au bout du grand quai de ce port de pêche très actif, le plus important de la Cornouaille.

Le soleil se lève dans un ciel serein et prépare une magnifique journée d’été.

Newlyn

11 juillet Penzance et Mousehole. Newlyn est à une bonne demi heure à pied de lieux très 8émouvants : le port de Penzance , et Mousehole. Le charme de Penzance tenait  à la présence de fantômes de bateau immobiles, en cours de restauration improbable au pied de hangars hantés qui ne tenaient plus debout que par magie. Helas, un nouveau chef de port est arrivé qui a viré hangars et fantômes. Parti, le bateau pirate , ou coulé,  peut être.  Le port est devenu fonctionnel, et les quelques voiliers qui y sont encore accueillis sont assemblés en grappes de 6 assez inextricables. Un fish and chips au Dolphin, heureusement également à lui même, et il ne reste plus qu’à tourner les talons. Mousehole est en revanche un port minuscule creusé dans les rochers du rivage, au milieu de petits cottages d’un autre âge. Presque un décor de cinéma, soigneusement cultivé, animé par des boutiques d’artistes inspirés. L’atelier biscornu de Akt est toujours là, et son orfèvre qui cisèle des souris en argent, ou de minuscules chaussures de fée.

13 juillet. Kilmore, Irlande

Oh my Cod! de la pointe de la Cornouaille a Kilmore  à l’extrémité Est de l’Irlande sud, environ 26 heures. En grande partie au moteur, très peu de houle mais des courants à subir, tantôt pour, tantôt  contre selon la marée. Une petite place libérée le matin au ponton, permet de contempler le port, essentiellement dédié à la pêche. Il y a 10 ans, un voyage précédent avait fait découvrir la presence de bateaux bretons dans ce port qui les as remis au travail. Il en reste au moins 1, « a la grâce de Dieu ». La pression atmosphérique a baissé hier, laissant présager l’arrivée d’un front de pluie et de vents sur l’Irlande. C’est avec ce front qu’il faut partir vers Dublin, et y parvenir avant le coup de vent.

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