Puerto Williams et l’Antarctique…

5 février : nous n’avons pas chômé sur le bateau

Daniel « Opéra » :  » Depuis notre retour, nous n’avons pas chômé sur le bateau, réparations, remise en ordre, nettoyage complet, et aujourd’hui, Pierre Michel et moi avons organisé et réalisé l’avitaillement complet pour les 6 semaines à venir. Nous ne laissons pas tomber Manu !

 

De graves problèmes se sont révélés au cours de ce voyage, […], et n’ont, malgré de multiples tentative d’abord d’arrangement et au retour de mise à plat et de dépassement, pas été résolus et digérés. J’en suis encore désolé et franchement totalement retourné. J’ai une profonde admiration, amitié et reconnaissance envers Manu pour tout ce que j’ai pu vivre avec lui depuis le moment où j’ai eu la chance de le rencontrer aux Glénans. Je pense, comme je l’ai dit, que la suite de ce voyage se passera mieux en rupture totale avec tous les protagonistes de l’aventure. Une page doit se tourner, ce n’est au fond pas si grave, tout le monde est rentré vivant et en bonne santé de l’Antarctique !

Nous sommes tous des « adultes » et pouvons faire la part des choses ! Je souhaite que ces difficultés ne laisseront qu’un nuage sombre passer et que nous retrouveront le soleil dans nos relations à tous. »

4 février : changement d’équipage

Sans doute satisfaits d’avoir « fait » l’Antarctique, mais aussi éprouvés par les rigueurs du voyage, les 4 co-équipiers de Emmanuel l’abandonnent avec son bateau, tout au bout de la Patagonie, renonçant ainsi à poursuivre le projet qu’ils avaient  pourtant élaboré ensemble et poussé de leurs vœux depuis plusieurs années. Ils bouclent leurs sacs et réservent leur vol retour, laissant Emmanuel se débrouiller tout seul pour recruter un équipage à ses frais et ramener la Laureline à Puerto Montt, un port ou il était prévu d’hiverner le bateau.

C’est donc grâce à l’élan de solidarité du Micalvi  qu’Emmanuel a pu trouver un soutien sincère, des mécaniciens, et des adresses de marins disponibles. C’est ainsi qu’on découvre qu’il y a en permanence au bout du monde, sur les quais de Terre de Feu, des « bateaux -stoppers » très éloignés du schéma consumériste, et qui attendent de pouvoir s’embarquer, même s’il faut à l’occasion monter dans le mât ou mettre les mains dans le cambouis, du moment que s’ouvrent à eux les canaux de la Patagonie, dont les paysages figurent parmi les plus beaux et les mieux préservés du monde.

Emmanuel a ainsi trouvé, au Brésil, Marc, un skipper expérimenté, et, sur le ponton du Micalvi, plusieurs « bateaux-stoppers » immédiatement disponibles. Le skipper recruté préfère n’en prendre qu’un seul, pour un réactivité et une logistique plus simples. L’équipage qui remontera les canaux est donc constitué, et ne comportera que 3 hommes, avec un départ prévu le 8 février.

D’autres voies se sont activées, et des candidatures se sont manifestées depuis la France ou il existe aussi des marins qui comprennent le sens du mot « solidarité marine »: un grand merci à tous, je note précieusement les adresses reçues, car il faudra dès le prochain printemps austral envisager une suite au voyage, avec des équipiers prêts à se mobiliser .

Entre temps les essais de cet après midi ont été concluants, le plein de gaz-oil est fait, Jorge assure bénévolement les derniers réglages de la mécanique : et il faudra bien que le moteur tienne le coup, car pour atteindre Puerto Montt, il faut remonter le vent et le courant, comme l’a fait Magellan en son temps, il est vrai, mais c’est quand même plus simple avec un moteur. .. et impossible tout seul à bord!

Emmanuel : « Jorge et Fernando sur le pont du Micalvi. Ils sont venus avec Paolo à notre rencontre avec le zodiac de l’école de voile pour nous aider à l’amarrage. Merci à eux et à Roberto, le patron de l »école de voile. »

Emmanuel & FernandoJorge & Fernando

3 février : la grande popeuse

Position: Amarré au Micalvi, 54°56′ S, 67°37′ W,1012 hPa, vent 8 kt.

Emmanuel :  » Avec l’aide des diésélistes de l’Armada et celle de Jorge, mécanicien qui connait bien le Volvo D2 55, les réparations et les contrôles ont bien avancé. Après démontage d’un alternateur il a été possible d’avoir accès à l’avant de l’échangeur, nous l’avons nettoyé avec des stick de soudure à l’arc de 3 mm, il présentait quelques débris mais pas de calcaire. Les inventaires successifs ont pu montrer que le moteur est sain, il n’a pas souffert, la pompe à eau de mer est saine, nous lui avons installé un tout nouveau rouet arrivé de Santiago. Tous les colliers de durite ont étés resserrés, les alternateurs fonctionnent bien. Par contre nous avons découvert qu’une des batteries au plomb achetées au Brésil est déjà hors service, nous l’avons shuntée. Les essais moteur sont bons. Cet après midi, nous allons sortir dans la baie afin de tester le moteur en condition de charge.

photo Daniel :  bientôt  l’approche de la mauvaise saison,  l’équipage s’apprête à « quitter l’aventure« ,  encadrent Emmanuel et  Jorge et Fernando venus apporter leur secours. Grâce à eux, et à la solidarité des marins du « Micalvi »,  la Laureline va pouvoir reprendre son voyage quand arriveront les nouveaux équipiers

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En montant dans le mât, nous avons constaté que le réa et le boîtier de renvoi de la drisse de trinquette (en métal, tout neuf, mis en place avant le départ à Cherbourg), a disparu en mer, ce qui explique la rupture de la drisse quand elle s’est retrouvée sur le bord coupant de l’ouverture dans le mât. Heureusement, nous avions gardé l’ancien. Après avoir retiré les rivets cassés, nous avons fixé le boitier et son réa avec de nouveaux rivets à l’aide de notre grande popeuse. Puis nous avons enfilé à l’intérieur du mât un messager lesté, une garcette de 2 mmm lestée par un empilement de 15 petits boulons,  qui a permis d’entraîner ensuite la drisse, enfin revenue à sa bonne place.

Pierre Michel, Emmanuel et la grande popeuse

 

 

Aujourd’hui grand nettoyage, varangues, planchers, pont cockpit, demain déplacement du bateau à la jetée du port de pêche pour plein de gasoil. Ce soir assado au Micalvi, chaque équipage apporte ses viandes à griller, et son Carmenere, un excellent vin rouge chilien. »

 

2 février : 3 équipiers quittent le bord

Suivant chacun des impératifs différents, 3 des 5 membres d’équipage quittent le bord bientôt. Emmanuel recherche un skipper professionnel pour aider à monter le bateau jusque Puerto Montt par les canaux de Patagonie, avec déjà des contacts grâce au réseau de « voileux » rencontrés en route.

30 janvier 2019, Amarrés au Micalvi

2H35 UTC  Emmanuel :  » La nuit et la journée a permis une remontée au près en tirant des bords entre les îles puis en remontant le Beagle. Les dix derniers milles par Le Paso MacInlay entre l’île Gable et l’île Navarino était censés nous bloquer encalminés avec risque de dérive en l’absence de moteur, car les cartes nous indiquaient un courant contre à trois nœuds et la météo un vent d’ouest. Sur ce passage difficile, et ayant annoncé notre panne de moteur, un Navire de l’Armada s’est positionné en accompagnement un demi mille derrière nous près à intervenir.

Et là, dans le Paso MacInlay, le vent est soudain passé à l’Est (ça arrive une fois tous les dix ans), et en plus les cartes sont fausses, le courant de 3 nœuds était avec nous et non contre, et donc nous sommes passés. Le zodiac de l’école de voile, Jorge , Fernando et Paolo et Anna de Zoomax sont venus à notre rencontre pour nous aider à l’amarrage.

Nous sommes émus par tant de gentillesse et d’entraide, et demain nous irons remercier les autorités Chiliennes pour leur soutien. »

ndlr : je sais qu’il en est qui ont prié, et qui ont par conséquent une petite idée de l’origine de ce soudain et exceptionnel passage à l’Est du vent et du courant…

30 janvier : retour au Micalvi

ndlr  …. comme Fitz Roy alors! à 00H14 le 30 janvier, en arrivant sur le port, la Laureline doit tirer un dernier petit bord pour mettre son étrave dans l’axe du yacht club du Micalvi, et ça repart à 5,2 Kn, cap 240. Ils franchissent la ligne d’arrivée à Puerto Williams à 00H34 UTC (1H35 heure de Paris)

Arrivee trace marine traffic2

Arrivee trace marine traffic

11H42 UTC , « message de Anna : Tout va bien. Laureline est à 2.5 milles du YC Micalvi, ils avancent à la voile et le courant favorable. Paolo est parti avec le zodiac de l’école de voile pour les approcher et les aider si nécessaire. Anna »

positions relevées:
20H30 UTC 54°55’37 S, 67°13’18 W,  vitesse 1,5 Kn, vent 4 Kn, SW 229
message de Paolo : « Ils sont à 13 km de Puerto Williams et vers 18:30 (21H30 UTC) un navire de l’Armada va les récupérer. Tout va bien. Paolo »
16H08 UTC  54°57’03 S,    66°56’47 W, cap 178, 3,4 Kn, vent annoncé 10 Kn, W 274
15H30 UTC   54°57’37 S,   66°55’48 W,  cap 343,  2,3 Kn,  vent annoncé 7 Kn W 251,

14h15 UTC Position envoyée par le bateau : 54°58′ S, 66°484 W, 989 hPa, vent 20 kt W, GV haute et Yankee, vitesse 5,5 kt.

photo Emmanuel : épave du Logos , qui a fait naufrage le 4 janvier 1988 dans le Canal Beagleaprès avoir heurté  un rocher situé devant la pointe NW de l’île Picton

canaldebeagle

29 janvier :  franchissement du Cap Horn à la voile

Emmanuel : « Le bateau s’est très bien comporté dans le passage du Cap Horn au grand largue par 40 kt W rafales à 50 sous GV 3 ris et trinquette, en luttant sans cesse entre les départs au lof et les départs à l’aulofée selon les fantaisies le sens et la force des déferlantes qui, elles, étaient à la fête dans une mer forte à très forte.

Horn2Horn

Dans une telle mer, pour remonter à l’est du Horn, on préfère le virement lof pour lof que l’empannage. Un cargo Français, le Champlain, 220 m de long, bataillait au même moment pour franchir le rocher mythique dans le sens est-ouest, avec CPA (closest point of approach) à 1 mille seulement. Par VHF nous avons prévenu de notre manœuvre qui pouvait paraître bizarre.

Leur route les mènent de Bahia Blanca à Sydney, l’officier nous a questionné sur notre aventure et nous a proposé d’envoyer des messages à nos familles. Puis c’est le second, prénommé Jean, premier passage du Horn, qui nous a rappelé pour nous annoncer que son voilier, basé à Sète, s’appelle, devinez, « Valérian ». Il va suivre nos péripéties sur le blog.

arriveeCe matin, nous remontons le Canal de Beagle au près GV haute et Yankee par 20kt W en louvoyant tantôt en Argentine, tantôt au Chili.  Nous espérons arriver à Puerto Williams vers 20h (23h UTC), avec amarrage assisté par nos amis Italiens Anna et Paolo. »

à l’approche du Cap Horn

 

Reconstitution de la traversée des23 au 29 janvier , avec cette option d’un grand bord de 100 milles tiré vers l’ouest

LA  traversee du Drake.png

 

lettre Zoomax.png

7 H UTC

Lettre à Zoomax, dont l’équipage leur a écrit des conseils et les attend à Puerto Williams : renoncer à Puerto Toro, ou il n’y a personne en basse saison de pêche, et surtout ne pas tenter de passer contre le courant entre Navarino et Picton

NDLR : bon à savoir : le vent annoncé sur marine traffic est à peu près à la moitié du vent observé sur place…
28 janvier : en approche du Cap Horn

aupiedduhorn

Position à 13 H UTC: 56°46′ S, 67°48′ W, 985 hPa,, vent 25 kt NW, GV haute et yankee au près bon plein, vitesse 8 kt, mer agitée.

Emmanuel :  » Sommes à 8 milles du plateau continental et à 50 milles du cap Horn que pensons franchir ce soir vers 20h.

Ensuite par sécurité en raison des courants, nous passerons à l’Est des îles Deceit, et remonterons le long de l’île Wollaston, direction île Lennox. Nous passerons entre isla Nueva et Lennox, par le paso Richmond, puis entre Isla Picton et l’ile Navarino, de façon à passer devant Puerto Toro où il y a une base Chilienne et un petit ponton, qui est cependant difficile d’accès sous voiles seules. Puerto Toro est relié à Puerto Williams par 50 km de piste. Peut-être pourrions nous aller chercher nos pièces. Penses-tu qu’elles sont arrivées ? L’alternative de remonter quand même le Beagle contre courant et par vent d’ouest nous semble hasardeuse.

Nous sommes émus d’apprendre par ton SMS que Zoomax nous attend, nous ne pouvons pas les joindre, mais ils ont la BLU, peux-tu leur dire merci pour nous, le réseau Zoomax peut peut-être par hasard nous aider pour le mouillage à Puerto Toro.

Cette nuit impossible de dérouler le Yankee, la tempête a décollé l’insigna que nous avons posé sur la bande UV, et l’a enroulé plus haut autour de la voile, bien collé, à 10 mètres de haut. Au lever du jour, nous sommes montés avec un cutter pour la libérer.

Pour la petite histoire, les Argentins et Chiliens étaient au bord d’un conflit armé pour la possession des îles Lennox, Nueva et Picton de position stratégique à la sortie du Canal de Beagle. Et c’est le Vatican qui a arbitré en faveur du Chili en 1982; depuis ce temps, les trois îles sont Chiliennes. »

ETA : Puerto Williams el 30 de enero 2019 a las 20:00 Hrs

28 janvier : progression vers le nord encore

progression nord2.png

27 janvier : Louvoyer pour remonter le vent

progressionnord

8h locale 11 h UTC Position : 58°21′ S, 69°17′ W, 988 hPa, vent 25 kt NW, GV 2 ris et trinquette, vitesse 4,6 kt, mer forte.

Emmanuel :  « Après un long bord au près tribord amure de 100 milles vers l’ouest, nous avons viré babord amure ce matin à 8h (11h UTC) au près par vent de NW  25Kn en direction du Cap Horn que nous devrions atteindre demain soir.

Lorsque nous arriverons au Cap Horn dans les eaux Chiliennes, nous préviendrons par VHF le gardien de phare de notre avarie de moteur. Bien que Fitz Roy et Darwin l’aient fait en leur temps sur le « Beagle », nous ne voyons pas encore très bien comment nous allons remonter à la voile le Canal de Beagle lors du passage étroit entre la Punta Espera et l’île Navarino où le courant atteint en permanence 3 Kn dans le sens Océan Pacifique-Océan Atlantique.

Pour remplacer la drisse de trinquette, il faut monter à la deuxième barre de flèche pour introduire un messager, c’est à dire une garcette de 2 mm lestée d’un écrou, que l’on récupère en bas à la sortie, pour ensuite entraîner la nouvelle drisse à sa place. Cette opération simple à réaliser au port est dangereuse par mer formée, nous préférons attendre les bonnes conditions. »

ETA : Puerto Williams el 30 de enero 2019 a las 20:00 Hrs

 

26 janvier : nous naviguons en mode dégradé

Position : 58°06 S, 66°28 W,

Emmanuel :  » le baromètre est remonté à 1000 hPa, il est descendu jusque 971 hier, vent 21 Kt W, GV 1 ris et trinquette, vitesse 3,6 kt, cap 245°, de façon à prendre position au delà de la longitude du cap Horn, et à laisser passer la baston en cours là-haut. Dès qu’elle est passée, nous referons route vers le cap Horn. La journée d’hier a été rude: rupture de notre dernier rotor, le moteur est inutilisable, rupture de la drisse de trinquette, partie dans le mât. Nous avons bricolé une réparation avec la drisse de spi, le tout dans une mer grosse à très grosse, spectaculaire, par 40 à 45 kt de vent. Nous naviguons en mode dégradé, comme disait Isabelle Autissier. Notre petit bateau tient bon et l’équipage aussi, ce sera plus long que prévu pour arriver à Puerto Williams. »

position à 9 heures UTC le 26 janvier représentée sur la carte windguru

26 1

ETA : Puerto Williams le 28 janvier 2019, 20:00 H

25 janvier : avarie moteur

position : 59°33 S, 65°05 W

Emmanuel : « Avarie moteur, grosse fumée dans le carré. Progressons sous gv 3ris et trinquette, préparons tourmentin »

24 janvier : au moteur vent debout

Emmanuel :  » A 6 heures du matin heure locale (9 h UTC) Position : 61°02′ s, 65°15′ W, 978 hPa, vent 41 kt NNW, mer forte, GV 3 ris, et moteur, vent debout, vitesse 3,5 Kt. »

photo Daniel

Iceberg sur le retour

23 janvier : à la cape

Emmanuel : « Sur les fichiers Grib que nous avons repris ce matin, la route que nous avions prévue, en essayant de négocier le sens giratoire des gradients de pression, s’est fermée : la « storm » du haut a décidé de passer le Drake en même temps que la « storm » du bas, il en résulte pour vendredi un vent violent impraticable. Nous avons donc décidé de réduire notre allure, et de se mettre à la cape, en attendant qu’elles s’en aillent. Nous restons dans des zones de vent calme, et nous reprenons de nouveaux fichiers toutes les 12 heures. Parfois, il est préférable de patienter et prendre le temps d’attendre des jours meilleurs. » (reçu à 21:40 UTC)

photos Daniel

sur le retour

Melchior 2Melchior

23 janvier : on se lance dans la traversée du Drake

Position à 0230 UTC : 62°44′ S, 63°51′ W, 992 hPa, vent 12kt E, houle 1,5 m mer peu agitée.

Emmanuel : « Nous avons pris le départ à 0730 UTC le 22 janvier.  Notre route est en ligne directe au 328° jusque ce soir. Puis en abordant la partie est de la dépression, nous obliquerons au prés vers l’ouest pour atteindre son centre, puis gagner les vents portants de sa partie ouest. Ce qui devrait nous amener en bonne position pour prendre samedi les vents d’ouest vers le cap Horn. »

Carte des vents et position du bateau le 23 janvier 2019 et la dépression dans laquelle ils vont rentrer demain

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22 janvier : départ ou pas départ?

Position : 64°18′ S, 62°54′ W

Emmanuel : « Hier, sur les conseils de Marcel, nous sommes donc restés au mouillage, PLEASE DO NOT START ! nous a-t-il écrit, les deux premiers jours auraient été faciles, mais nous aurions étés en sérieuse difficulté à mis parcours, et l’arrivée aurait été un enfer.  De plus outre le vent de face, impraticable, nous ignorons l’état de la mer.

Nous examinons de près un départ aujourd’hui, ce matin, ce soir ou encore demain matin. »

21 janvier : En attente de traversée du Grand Méchant Drake

Position : 64°18′ S, 62°54′ W, Vent NW 14 kt, 988 hPa, temps couvert.

Emmanuel :  » Nous sommes toujours bien abrités au mouillage dans une anse de la baie d’Andersen sur les îles Melchior, dans l’attente de la bonne fenêtre pour traverser.

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Mais patience, parfois, ça se calme un peu….

photos Daniel

Melchior 3

falaise de glace

photos Emmanuel : Laureline au mouillage dans les îles Melchior

 

20 janvier : en stand-by aux îles Melchior

Position : 64°18′ S, 62°54′ W20janviercarburant

Emmanuel : « Nous regardons de près une possibilité de traversée du Drake à partir de lundi à 10 h, (13 h UTC) sous réserve d’un vent praticable à l’arrivée 4 jours plus tard au Cap Horn.

19 janvier : un monde fou dans la baie d’Andersen

Position : 64°18′ S, 62°54′ W, 980 hPa, vent nul

Emmanuel : « Nous sommes toujours ancrés à l’abri avec 4 amarres à terre dans une crique de la baie d’Andersen sur les îles Melchior, dans l’attente d’une fenêtre météo praticable pour la traversée du Drake passage. Deux autres voiliers, un Hollandais et un Belge, le Jonathan et le Vaihiré sont à couple dans la crique d’à côté. Un paquebot, l’Ocean Atlantic de 140 m est arrivé ce matin dans la baie. Le temps est couvert, il neige. »

photos : Anaïs

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18 janvier : dans une crique entourée de falaises de glace

falaises reflets et glacesfalaises & reflets

Position : 64°18′ S, 62°54′ W, 992 hPa, vent 5 kt, mer belle, temps couvert et petites averses de neige.

Emmanuel : « Nous avons quitté notre amarrage au Governoren sur l’île Enterprise, puis sommes descendus vers le sud en longeant Nanson Island et Brooklyn island par le Plata passage et la Wilhemina bay habités par un groupe de baleines à bosse, que nous avons aperçues d’abord de loin, puis de tout près car elles sont sans crainte et assez joueuses: nous les avons vues sauter en entier hors de l’eau, battre leur nageoire dans l’eau pour se faire remarquer, puis venir vers nous, tout près, faire demi tour, revenir, passer en-dessous du bateau que nous avions stoppé immobile. Ensuite pendant la traversée du Détroit de Gerlache, un vent d’Est s’est levé, de plus en plus fort, jusque plus de 40 kt, heureusement au portant, pendant 4 à 5 heures, faisant place ensuite à un retour complet au grand calme, sans doute un vent catabatique venu des glaciers.

Manu à la barre

Puis nous sommes passés entre l’île Brabant et l’île d’Anvers par le détroit de Schollaert, pour entrer dans la Dallman bay, très encombrée d’Iceberg tabulaires dépassant parfois les 500 m, d’icebergs usés plus anciens de toute taille, et de bourguignons entre lesquels il faut slalomer en permanence. Nous avons contourné par le nord l’île de Gand, afin de rejoindre les îles Melchior. Là nous sommes entrés dans un étroit couloir sinueux entre les falaises de glace, les falaises de rochers et les pentes de neige, qui nous a conduit à Anderson bay. Nous sommes mouillés dans une crique entourée de falaises de glace, bien abritée, par 12 m de fond, 50 m de chaîne, complété par 4 amarres de 100 m à terre que Daniel O et Pierre-Michel sont allés fixer aux rochers en dinghy.

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Ainsi nous sommes en bonne position stratégique pour attendre la bonne fenêtre (disons la moins pire..) pour traverser le Drake passage. »

 

 

Iceberg tabulaire géant rencontré à quelques milles de l’île Melchior

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17 janvier  : bientôt le départ pour les îles Melchior

position inchangée : 64°32′ S, 61°59′ W,  998 hPa, vent 4 kt.

Emmanuel : « Nous allons écourter notre périple de façon à aller se mettre en stand-by à l’île Melchior dès aujourd’hui. La durée de traversée pour arriver au cap Horn avec notre bateau est de 4 jours, plus 1 jour pour arriver à Puerto Williams. La météo actuelle n’est pas encore idéale, nous attendrons la météo favorable.

anais & voile

Hier nous avons fini les travaux de couture du Yankee. Il faisait beau, nous sommes allés, Pierre-Michel, Anaïs et moi nous promener en dinghy pour aller voir les restes échoués de barques de baleinier ….

 

…. et une colonie de cormorans antarctiques à ventre blanc.

 

 

Sur le chemin du retour, une baleine à bosse est venue tout près et même un peu trop près, sans doute par curiosité, sans crainte ni agressivité, son souffle sonore dans les basses nous a surpris, nous n’en menions pas large sur notre petite embarcation, puis elle est partie plonger plus loin. »

 

 

16 janvier  : amarrés au Governoren sur Enterprise Island

mouillage paysagemouillage

governorengovernoren2

Emmanuel : « Aujourd’hui, soleil et ciel bleu ! Les montagnes enneigées qui nous entourent et le bleu profond des glaces fossiles renvoient sur une mer parfaitement calme une lumière divine.

pelagic australislaureline & governoren

D’après le voilier Charter Pelagic Australis qui est venu hier soir s’amarrer à couple de Laureline, le détroit de Lemaire est obstrué par la glace, il est infranchissable. Nous pourrions le contourner pour descendre à Port Charcot, Pleneau, Peterman , et Vernadski, hauts lieux de la visite en Antarctique. Port Charcot est l’endroit où a hiverné Jean-Baptiste Charcot avec « Le Français » en 1904. Nous allons cependant à contre-coeur écourter le périple, de façon à ne pas s’exposer à de nouveaux ennuis techniques, et à se situer en attente à Melchior pour choisir la bonne fenêtre de traversée retour du Drake Passage.

Position inchangée : 64°32′ S, 61°59′ W amarrés au Governoren sur Enterprise Island.
Nous finissons les travaux de couture entrepris depuis hier matin sur la bande anti-UV du Yankee. »

15 janvier : l’île Enterprise

64°32’414 S, 61°59,905′ W

Emmanuel : « Bien abrités dans un port naturel du détroit de Gerlache, sur l’île Enterprise, nous sommes amarrés le long de l’épave du baleinier Governoren. Tout l’arrière a coulé, c’est la proue toute rouillée qui se dresse au dessus de la surface, elle abrite une colonie de sternes antarctiques qui défendent à grands cris leur territoire.

sterne eventailsterne & fenetre

 

A l’examen du Yankee que nous avons descendu sur le pont, la déchirure concerne exclusivement la bande anti UV, la toile en dacron elle-même est intacte, elle pourra conserver sa fonction. Le travail reste néanmoins assez important, sur une hauteur d’environ trois mètres: Il faut refaire des videlles au fil à voile dans les trous existants, et du collage à l’insigna sur la bande anti UV, en préparant la toile par nettoyage à l’eau douce puis à l’alcool.

Autre souci, le guindeau (Lewmar V2 ou V3) donne des signes de faiblesse, le barbotin ne tourne plus parfaitement rond, et le moteur s’arrête dès que l’effort devient plus important, cela peut entraîner des difficultés sérieuses dans les canaux de Patagonie. Je vais questionner à ce sujet le SAV Alubat. Je crains qu’il faille changer le guindeau, auquel cas je ne vois pas d’autre solution que de demander à quelqu’un de venir l’apporter en bagage en soute, (ça pèse 12 kg) car même par DHL, les délais de douanes sont imprévisibles. Je te mets en copie afin de suivre les discussions et d’éventuellement coordonner les opérations. »

14 janvier : colonie de manchots papous

Position 63°54S 60°47W hPa 992 Vent 7 kts

photos Emmanuel : papous

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Emmanuel : « Je dois rouvrir l’Iridium pour descendre les fichiers grib du jour, et j’en profite d’ajouter un petit mot à celui d’Anaïs. 

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L’île d’Hainaut, sur laquelle nous avons débarqué en dinghy en 2 équipes, est habitée par une importante colonie de manchots papous, occupés à nourrir leurs poussins, souvent deux, les uns tous petits, les autres déjà grands, ou encore à ce promener en se dandinant, à jouer au toboggan, ou aller se baigner sur la plage. De gros skuas guettent un moment d’inattention des parents pour voler un petit.

photo Emmanuel : Skua attaqué par un sterne antarctique pour s’être approché trop près de ses petits

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L’île abrite une colonie d’oiseaux blancs, les chionis, qui se nourrissent de krill régurgité par les manchots, de guano, et du mucus s’écoulant du nez des phoques . Nous n’avons pas le droit de les approcher, mais ils sont venus à 6 sur le bateau ce matin, sans doute pour voir si nous avions la goutte au nez !. De l’autre côté de l’île, les phoques de Wedell d’une masse imposante, roupillaient peinard dans la neige, accompagnés d’un pétrel blanc imposant et de très grande envergure, peut être le fulmar antarctique. »

les membrures d’une baleinière pointent au travers de la neige

baleiniere

photo Emmanuel : phoques de Wedell

 

 

Anaïs : « Bien qu’à l’ancre, nous effectuons des quarts de surveillance depuis notre arrivée à Trinity. Bien nous en a pris : Pierre-Michel a constaté une augmentation de la hauteur d’eau à la sonde de plus de dix mètres. Signe de dérapage évident. Heureusement, nous avons relevé l’ancre et trouvé un nouvel emplacement assez rapidement. Nous sommes tout près de la petite Île d’Hainaut qui abrite la colonie de manchots papous.

Colonie de manchots papous et pétrel géant  : 2 mètres d’envergure. Un chioni, s’invite parmi les papous

 

 

papou & chiaoni 2papou & chiaonipapous

Nous en repartirons vers 8 heures ce matin pour rallier Enterprise. La traversée devrait durer une dizaine d’heures. Vent debout, on sera contraint d’avancer au moteur.

photo Emmanuel : Ecran radar, surveillé nuit et jour au mouillage

surveillanceradar

Côté mécanique, on a réglé le souci de carburation. Préfiltre et filtre gasoil ont été changés. Notre dernier rotor est toujours intact mais on a encore une belle collection de débris des précédents. Côté voile, on verra en fin d’après-midi si le vent le permet. On a tout de même réussi à effectuer deux courtes sorties à terres. Photos à gogo sous un beau soleil.

Merci pour tous les sms reçus hier. »

13 janvier :  bien arrivés à Trinity Island

Position : 63°54’S 60°47’W,  hPa : 988, Vent nul

Anaïs : « La trajectoire pour y parvenir a demandé beaucoup de vigilance avec l’œil rivé à l’horizon : neige, brume, icebergs et bourguignons. Parvenus à mouiller vers 5 heures ce matin après plusieurs tentatives infructueuses : les fonds remontent ou plongent à des distances très courtes. Une petite île au milieu de la baie abrite une colonie de manchots papous.

photo Emmanuel : petit matin brumeux

trinitybrumeuxtrinity

Côté fonctionnement : malgré la belle collection de morceaux de rotor, le bocal Vetus continue à se vider. Heureusement on peut quand même utiliser le moteur: une aubaine car nous n’avons eu que très peu de vent sur la route !

Une difficulté supplémentaire : la carburation se fait mal, impossible de monter dans les tours. Pour l’heure, on commence par des prélèvements dans les réservoirs pour rechercher la présence d’eau et de filaments de bactéries.

Autre bémol : le yankee donne de gros signes de fatigue sur une grande longueur au niveau du nerf de chute. On espère qu’il n’y aura que de la couture à réaliser mais ce n’est pas gagné.

La suite au prochain numéro… »

12 janvier : le plan d’eau de Whalers’bay est balayé par les dernières rafales

Emmanuel :  « Le vent de NE s’atténue, le mouillage a bien tenu, il neige quelques flocons, le plan d’eau est balayé par les dernières rafales, les installations baleinières à demi cachées par la brume, la plage est blanche, les falaises abruptes de basalte noir et la fenêtre de Neptune déchiquetée sont décorées de neige, le dinghy est à l’eau, nous débarquons en deux équipes, bien couverts, la première est partie, en liaison VHF avec le bateau.

photo Emmanuel : Laureline au mouillage dans whalers bay

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photo Emmanuel : nous débarquons en deux équipes

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« Nous avons visité les restes de la station baleinière ou a travaillé Francisco Coloane »

tombe

 

photo Emmanuel : la fenêtre de Neptune

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photo Emmanuel : petits papous

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De retour de l’excursion à terre, nous levons l’ancre, pour descendre le Bransfield strait, en direction de l’île de la Trinité. Position inchangée dans Whalers’bay. »

photos Daniel : Deception Island, sa plage et ses baigneurs alanguis

plage a Deception

11 janvier : à Port Foster, coincés à bord par le mauvais temps

Emmanuel :  » Nous sommes toujours à l’ancre dans la caldeira de l’île Déception par 40-45 kt de vent du NE.

photo Daniel

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Notre surveillance constante 24/24 de la profondeur, la latitude au 1/1000 et la distance radar de la falaise en mètres sont stables avec 100 m de chaîne par fond de 6m au départ et 30 sous le bateau. Ce n’est pas l’idéal, mais  il faut que notre mouillage tienne jusqu’à demain, après 36 h nous sommes assez confiants, nous pourrons bouger vers le sud ensuite.

Nous ne pouvons pas partir de nuit, mais heureusement les nuits sont courtes*, car d’énormes icebergs tabulaires de 200 m à 1 km de long se baladent enveloppés de brume. Nous ne pouvons pas non plus aller à terre en dinghy ( car il s’envolerait !) pour aller visiter les ruines de la station baleinière Norvégienne où a travaillé Francisco Coloane, nous ne pouvons pour le moment que la regarder de loin : petite déception à l’île de la Déception ! »

tabulaire2

ndlr* : sachant que le cercle polaire est à la latitude 66° 33′ 47 » S et qu’ils sont quasiment à 64° S, ils n’en sont plus qu’à environ 140 miles, soit environ 260 Km : de quoi avoir des journées longues en effet

10 janvier : c’est réparé!

message reçu le 11 janvier à 3H24, heure de Paris

Emmanuel  : « Nous voudrions que tu remercies les personnes que tu as contactées, et les lecteurs du blog qui nous ont orienté par leurs connaissances et leurs conseils pour réparer le circuit de refroidissement.

Après trois ruptures successives de rotor, le niveau d’eau de mer dans le bocal vétus diminuait dangereusement, avec risque de désamorçage qui aurait entrainé la perte de notre dernier rotor.

Arrivés dans la caldeira de l’île de la déception, nous avons d’abord dormi 8 heures, un peu fatigués par la traversée du Drake, puis nous avons commencé par l’hypothèse d’un encombrement du nid d’abeille dans l’échangeur.

L’entrée dans whalers bay

1

Comme il est impossible de le démonter sans sortir le moteur, nous avons démonté les durites afin d’envoyer, à contre courant, de l’eau de mer dans le nid d’abeille à l’aide de nos pompes de cale .

Et là, nous avons d’abord découvert un amoncellement de morceaux de rotor qui faisaient bouchon à l’entrée de l’échangeur. A l’aide d’une pince à épiler, nous avons retiré 54 morceaux assez gros. Puis nous avons complété en injectant à contre courant dans l’inverseur, par la pompe de cale, un seau de 20 litres d’eau de mer, qui nous a permis de récupérer encore une bonne poignée de petits morceaux que nous avons sans doute décrochés du nid d’abeille.

Après remontage des durites, et réamorçage du circuit, nous avons démarré le moteur, et laissé tourner 20 minutes, tout semble fonctionner normalement, le niveau dans le bocal vétus demeure à son maximum, le risque de désamorçage semble être écarté. Nous pensons avoir trouvé la cause de nos soucis, et nous pensons avoir réparé la panne.

Pour réaliser cette réparation, nous avons étés contraints de rester au mouillage à l’île de la Déception, malgré l’alarme météo de Marcel Oliver (vent NE 45 kt). Ce n’est pas l’idéal. L’endroit pas si bien abrité, le fond vite abrupt, est fait de scories sur lesquelles l’ancre ne tient pas bien, mais nous n’avons pas le choix. Nous avons choisi le fond le plus plat, posé 100 m de chaîne par 10 m puis 20m de fond, et prévu un quart mouillage, où l’on relève chacun son tour 24h/24 au radar l’emplacement exact du bateau. En cas de dérapage, branle bas le combat, on relève l’ancre et on mouille plus loin.

Merci encore à ceux qui nous ont aidés, Didier Lourdais, Nicolas Lemière, Dominique Richard, Connan et pour toutes les infos par SMS. »

Tempête sur les îles Shetland du Sud, ce 11 janvier 19 – Carte Earthnullschool

11 janvier 19

10 janvier : arrivée à l’Île de la Déception

Position le 10 janvier à 16h UTC : 62° 59′ S, 60° 33′ W, 990 hPa, ventb26 kts N, ancré .

Anaïs : « Pardon de ce retard à donner notre position. En fait à notre arrivée, on s’est écroulé sur nos couchettes… et on vient de se réveiller.
Le finish dans le canal de Drake pour l’Île de la Déception n’a pas été difficile mais nous a contraint à fonctionner en binôme pour les quarts. Un au remplissage du bocal Vetus d’eau de mer et l’autre au démarrage / arrêt du moteur. Il faisait frisquet.

mouillage

Icebergs et bourguignons à l’horizon. Bon, on est bien content d’être à destination. On est ancré dans une caldeira (cratère du volcan). Déception est une île volcanique de la péninsule Antarctique. La dernière éruption a eu lieu en 1976. Il neige. On raconte la suite bientôt. Pour l’heure, c’est oeufs au bacon….

iceberg et bourguignons

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10 janvier vetus.png

9 janvier 21 H UTC : compte rendu des opérations

Merci pour toutes les indications envoyées par SMS.
9janvier CR.png

9 janvier : iceberg tabulaire et sérieux problème moteur

position : 62°06 S, 62°38′ W, vent W 16 kt, GV 1R + yankee, au près bon plein, ETA île de la Déception 2h le 10.

« Nous avons croisé ce matin un iceberg tabulaire très grand, d’environ 1 km à 60 milles des Shetland.

tabulaire

Mais nous avons un problème sérieux de moteur, il nous faudrait l’avis d’un dieseliste volvo D2 55 cv »

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questions

ndlr : j’ai bien sûr contacté immédiatement Didier et le dieseliste de Cherbourg dont les réponses sont fébrilement attendues

IL NE NOUS RESTE PLUS QU’UN SEUL ROTOR

8 janvier : nous sommes entrés dans l’Océan Austral.

Position le 8 janvier à 11h UTC : 60° 13′ S, 64° 22′ W, 1004 hPa, vent 13kts NW, mer peu agitée, moteur et GV 1 ris, vitesse 5,4 kts.

Daniel O :  « Ce matin (mardi 8), peu après la prise de mon quart de 10h30, 4 gros cétacés émergent tout près du babord arrière du bateau. Peu farouches, ils tournent prés de nous quelques instants sans pour autant jouer avec l’étrave comme des dauphins. On a pu observer leur corps très lisse, brun marbré de lignes plus claires. Ils ont une tête très arrondie et leur nageoire caudale bien nette située très en arrière est arquée et pointue.

extrait.png

D’autre part, j’ai réussi à peu près à photographier deux oiseaux difficiles à saisir car petits et rapides et dont l’un nous accompagne déjà depuis les Malouines. Il s’agirait pour le premier du Pétrel tempête ( oceanis oceancus Arica-antartida, golondrinas de mar en Espagnol) et du Pétrel palona antartico, d’aspect gris de loin mais présentant de jolies striures brunes en chevron sur ses ailes, autour du cou et de sa tête. »

Anaïs : « Quart de 22h à minuit hier soir. Longue houle avec une mer belle à peine ridée. Sommes toujours accompagnés par les albatros et les petits pétrels noirs à queue avec tache blanche.

Le soleil a disparu derrière l’horizon vers 22h30 mais les reflets rougeoyants sur l’eau ont perduré jusqu’à minuit. Encore beaucoup de clarté donc pas encore entre chien et loup. Ce sera pour le quart de Daniel Opéra.

L’eau n’est plus qu’à 1° donc nous sommes bel et bien entrés dans l’Océan Austral.

Peu de vent et surtout vent debout pour suivre notre route. Nous avons légèrement augmenté le régime du moteur pour accélérer le mouvement et ainsi éviter le mauvais temps prévu ce jeudi 11. »

Emmanuel : « Cette nuit pour le quart de 4h, pas facile de s’extraire du duvet tout chaud, Brrr, il faisait 6° dans le bateau, depuis le passage du 60ème les conditions ont changé, nous sommes entrés dans l’Océan Austral.

Pour comprendre les vents les courants et la délimitation de l’Océan Austral, je cite Sylvain Mahuzier et Jean-Pierre Sylvestre :

ocean austral.png

Pour nous, au plan pratique, les vents dominants ont changé, ils viendront de l’Est lors de la tempête prévue vendredi 11 janvier. Le mouillage dans la caldera (cratère de volcan rempli d’eau de mer) de l’île Déception ne va pas tenir au delà de 25 kt, car c’est un fond de lave et scories qui descend abrupt dès quelques m de la plage. Nous allons nous dépêcher de visiter pendant que le vent n’y est pas, puis nous en aller vers l’île Trinity. »

7 janvier: un mal de mer bien cogné

Position le 7 janvier à 12h UTC : 58°15′ S, 66°02′ W, 992 hPa, vent 10 kt NW, grande houle longue sans déferlantes, GV 1 ris et moteur, vitesse 6kt.

« Depuis le Cap Horn, le vent de SW à 30 kt au près bon plein dans une mer forte à très forte nous a écartés de la route vers l’est, et a accessoirement provoqué un mal de mer bien cogné ; puis quand il a refusé en s’atténuant, nous avons gagné vers l’ouest avec appui moteur, de façon à se trouver en position favorable en sortie de gradient les 9 et 10 janvier.

Pas facile en effet de s’y retrouver : les vents partent dans tous les sens!

7 1 22HUTC.png

Nous lisons donc avec beaucoup d’intérêt les infos que Marcel nous envoie sur la SOUTHERN PORTION OF DRAKE AREA où nous espérons arriver le 10 janvier, et avant la baston prévue le vendredi 11.

Aujourd’hui et demain, nous progressons au centre de la dépression, dans un marais barométrique pratiquement sans vent, sous un beau soleil et quelques stratus, sur une grande houle peu agitée.

Le rotor de la pompe de refroidissement du moteur Volvo nous a lâchés, nous l’avons remplacé. »

6 janvier : mer forte dans le  Passage de Drake

Position le 6 janvier à 12h30 UTC : 56°42′ S, 66°40′ W, 982 hPa, vent 30 kt SW, mer forte, cap 112° au près bon plein, GV 3 ris trinquette. ETA île de la déception le 9 janvier.

 Positions reçues à ce jour positionnées grâce au logiciel Google Earth

trajet 6.jpg

Emmanuel :  » Nous avons franchi le cap Horn cette nuit à 1 h du matin (heure locale), par 25 kt d’Ouest et mer forte. Le gardien du phare nous a appelé pour vérifier que tout allait bien, et nous a souhaité bonne route pour l’Antarctique.

albatros à sourcils noirs

allbatrossourcinoir
Plusieurs espèces d’oiseaux pélagiques accompagnent le bateau, nous avons la chance d’observer le wandering Albatros, de dimension franchement énorme. »

albatros géant

 

5 janvier : en route pour Deception Island

Il s’agira de traverser  vers l’île volcanique de la Déception, au sein de l’archipel des îles Shetland du Sud  par près de 63° Sud et 60° 39′ W. Le régime des vents, étudiés heure par heure pour les 4 ou 5 jours qui viennent, est extrêmement variable, la traversée ne sera pas univoque. La position du bateau me sera transmise une fois par jour, pour les autorités chiliennes et pour le blog.

carte earthnullschool du 5 janvier : vents prévus demain sur la route

Image2.png

4 janvier : Punta Gusano

Emmanuel : Au Micalvi sont amarrés des voiliers de toutes nationalités habitués à la croisière hauturière. On y retrouve des bateaux déjà rencontrés loin d’ici. En particulier Sir Ernst, le boréal d’Hervé, avec qui nous avions partagé les info météo au Spitzberg à Longyaerbeen en 2016. Il se prépare à aller en Géorgie du Sud. Il croise les infos météo obtenues des logiciels Européens, Américains et Néozélandais : les modèles mathématiques étant différents, les données se recoupent en général, mais ce n’est pas toujours la même chose en timing et en intensité.

Le départ est toujours prévu pour demain. L’idéal étant de pouvoir être solidement ancré le 10, quand un gros coup de vent est censé arriver sur la péninsule antarctique

parcours.png
La balade hier à Punta Gusano nous a permis de rencontrer sur un territoire relativement petit, une variété hallucinante d’oiseaux de toutes sortes : une assez grande colonie de manchots papous, une autre de goélands en cours de nidification, plusieurs variétés d’huitriers pie, des pétrels géants, des canards vapeurs, les ouettes de Magellan, des hérons, des canards aux yeux rouges, des ibis bruyantes dont les appels ressemblent à la poire de klaxon des voitures des années 1900, des vanneaux, des oiseaux inconnus colorés rouges ou jaune de petite taille, sans compter les perroquets et les pic épêche en forêt. Daniel O a réussi quelques belles photos que nous essaieront d’envoyer pour le blog.

Photos Emmanuel  : oie et sa progéniture;

 

photos Emmanuel : huitrier pie

 

photos Emmanuel : canatds vapeurs

canards vapeurs

photos Emmanuel : goélands marins

 

photos Emmanuel : sternes

sternes

mouette

3 janvier  : Cerro Bandera

Emmanuel    » Un peu de randonnée fait du bien entre les navigations : hier nous avons grimpé le Cerro Bandera sur un chemin balisé qui sinue entre les cohiués et les charmes. Les troncs sont par endroit envahis par un ver, le gusano, dont raffole un pic épêche aussi rare que magnifique, à tête rouge, le carpintero negro o gigantico. Daniel O a réussi à le photographier lors de l’excursion à Harberton.

DD2

Les vues sur le Canal de Beagle, les montagnes Alpines de l’Argentine, et les dents de Navarino sont à couper le souffle. En haut, nous avons eu droit à une petite tempête de neige. »

photos Emmanuel 2017 : le chemin du Cerro Bandera

 

beagle de haut
dessin Hélène 2017

1 janvier : Préparation Cap Horn et Drake passage

 position: 54°56′ S, 67°37′ W, 1008 hPa
« Une fenêtre entre deux dépressions semble se préciser pour la fin de la semaine. En attendant, on s’active pour préparer le bateau dans le moindre détail. »

Photos Emmanuel décembre 2017

 

chevaux à Puerto williams.JPG

Hôtel ; ibis

 

 

1 janvier : Puerto Williams

54°56’S, 67°37’W, 998 hPa

Emmanuel  : « Il s’agit maintenant de choisir la bonne fenêtre pour traverser le « Drake passage ». Le moment venu, nous allons nous approcher du cap Horn. Nous nous pensons aller nous mettre au mouillage, en attente, dans la caleta Martial sur l’île Herschel, le 4 ou le 5 janvier. Pour choisir la bonne fenêtre, et se faufiler entre deux dépressions, nous examinons la météo à la loupe. »

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navarino
photo Hélène décembre 2017 : les dents de Navarino

prévisions earthnull school pour le 5 janvier 2019

previsions 5 1 19.png

 

31 décembre : Puerto Williams

Amarres larguées peu avant 14 heures, heure locale, pour une vingtaine de miles à parcourir, l’affaire d’un peu plus de 3 heures avant de s’amarrer auprès du mythique Micalvi à Puerto Williams, sous les Dents de Navarino. A temps pour aller réveillonner avec les autres équipages, toutes nationalités mêlées,  dans le bar du Micalvi!

Micalvi2.jpeg

Micalvi
Le Micalvi, cargo devenu ponton
Biere
Bière Austral, l’étiquette représente Torres del Paine

depart.jpeg

photo Hélène en décembre 2017 : L’arrivée sur la marina de Puerto Williams

ponton micalvi
photo Emmanuel 2017 : aigle caracara à Puerto Williams
caracara 2018

 

 

 

 

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