regards sur la traversée depuis Tromso

Position le 10 août 2024: 57°18’N 4°27’E, cap 199°
1008 HP
Vent SW 34 kt
Mer: peu agitée
Houle: 0,5 m
Temps: nuagé
Température exterieure: 18° C
Allure et voiles: vent debout, moteur 1800 tour/mn
vitesse: 3,9 kt

9 jours pour les 1270 nM de Tromso à Inverness, soit une moyenne de 6 nM par heure, où se mélangent des journées à 9 kt, et des jours misérables à 4 kt au prés sérré. Finalement tout est dans la stratégie, il fallait absolument aller vite et faire du sud afin de ne pas se faire cueuillir par l’ouest qui attendait la Laureline à l’approche de l’Ecosse et qui aurait bien voulu nous envoyer tout en haut des Shetland, bien loin de l’objectif. Les 35 kt de face étaient bien au rendez-vous dans les dernières heures, de manière à envoyer à l’équipage ses shoots d’adrenaline pour ne pas manquer l’entrée dans la première écluse du canal Calédonien, dans un bateau devenu le jouet des vents et des puissants courants de marée.
Soudain ensuite, entre deux écluses, au milieu des fleurs, des arbres et de la verdure, des promeneurs avec leur chien et des joggers, c’est le grand calme sur une eau plate. Pas lavés depuis neuf jours, la première douche dans la marina est un plaisir suprême, qui fait penser à Epicure: il enseignait la sobriété heureuse: se régaler avec du pain et de l’eau quand on a si faim et si soif, ce qui n’empêche pas de temps à autre les bons festins, encore mieux appréciés.
Après quelques tâtonnements, la tactique des écluses commence à être bien au point, voilà la Laureline aujourd’hui au centre de l’Ecosse, entre pâturages et collines verdoyantes, un spectacle inédit. Comme par hasard, le vent souffle encore à 35 kt de face, décision est prise de jeter l’ancre dans un petit renfoncement boisé, par 5m de fond, pour déguster un bon steak et des pommes de terre risolées à l’ail, honnêtement, il n’y avait pas que de l’eau à table. Mais voilà, force est de constater que le loch Ness est très profond, plus de 100 m, et que les berges tombent à pic, l’ancre a décroché à notre insu durant les agapes, pendant dans le vide à la proue d’un bateau à la dérive, qui a parcourru tout seul 2 miles pendant le repas, pas loin des rochers au moment du dessert. Ouf! les choses ont été rattrapées à temps, encore une bonne leçon à retenir.

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