74 30 N, 19 E, grand beau temps
Arrivée hier soir dans la brume grise et un 5°C qui évoquait une atmostphère de Toussaint, la Laureline s’est réveillée ce matin avec un soleil de Pâques à Belle ile en mer : ciel bleu pâle, mer bleu soutenu, les roches stratifiées de l’île se découpent dans une lumière généreuse.

L’ancre a été posée par 5 m de fond devant la station radio, au nord de l’île de l’ours. Le garde côte était là, qui a demandé à retarder un peu la manoeuvre de mouillage, occupé qu’il était à livrer du fuel avec un long tuyau tiré vers le rivage. Pour alimenter le groupe électrogène de la station météo, il faut ainsi livrer 250 000 L de carburant. La station fonctionne à l’année avec un équipage renouvellé deux fois par an.
Aujourd’hui, il continue sa livraison par les denrées nécessaires pour 1 an de fonctionnement. Une jeune femme cuistot a néanmoins pris le temps de quelques échanges avec nous, envisageant même en rêve de repartir avec le voilier : elle est là depuis 8 mois et le temps lui semble long. Une jeune femme, responsable des relevés qui alimenteront les prévisions météo, accepte d’ouvrir la petite échoppe ou sont vendus quelques souvenirs de l’île, aux très rares visiteurs de l’île. T-shirt, bonnets à l’effigie de l’île, à condition de pouvoir payer en NOK, car il n’y a pas assez de clients pour amortir un terminal de paiement.
Tout autour c’est l’effervescence : la population de l’île, habituellement de 5 personnes, s’est vue multipliée par l’équipage du garde côte occupé aux va et vients dans la baie, les 4 membres d’équipage de la Laureline, et 14 équipiers d’un autre voilier ancré dans la baie voisine. C’est beaucoup pour les sternes arctiques qui surveillent les plages et un petit pont qu’elles se sont manifestement approprié. Des goélands bourgmestres sont inquiets ègalement de ce remue ménage et n’hésitent pas à charger les intrus
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