position : au mouillage de London, Ny Alesund 78 57,09 N, 12 0,82′ E
petit vent de sud est à sud ouest, rofondeur au mouillage : 3 m



London est une petite baie quadrangulaire peu profonde, ou subsiste encore une cabane bien entretenue pour les douaniers, et les restes des installations d’un anglais farfelu qui avait rêvé d’extraire du marbre des entrailles de cette île friable.
Une vielle locomotive à vapeur, un vieux treuil, une grue de chargement achèvent de pourrir là. L’ancre a été jetée par 3 m de fond , côté est du plan d’eau, pour se protéger du vent. Promenade à terre pour chercher des sujets à photographier, voir la vue sur le fjord, les glaciers, Ny Alesund en face, les bateaux qui arrivent, les petits icebergs lâché là par des glaciers qui ont nettement reculé depuis le voyage de 2016.
Le vent faible a tourné, des growlers sont entrés dans la baie dodelinant, tout chuintants : c’est le bruit de ruisselement qui a signalé leur approche, et réveillé les dormeurs à bord. Un bon gros growler naviguait contre le flan du bateau. Crroc crrr chonk bonk crrac … de quoi se sentir dans notre coque alu comme des fourmis dans une boîte à sucre. Le bateau s’est trouvé repoussé, le growler continuant tranquillement sa route tout droit vers la plage. Un autre plus gros encore s’est échoué par 3 m de fond, à 10 m du bateau.
Le lendemain matin, la Laureline a entrepris de faire le tour de l’île Blomstrandhalvoya, pour voir vêler Kongsbreen et les autres glaciers. En 2016, le voilier avait profité du sillage d’un gros trois mats qui avait ouvert la banquise pour faire ce parcours.
Huit ans plus tard, il ne reste que des petits icebergs bleus ou boueux, épars sur la surface, les flans grisâtres des montagnes ne portent plus de neige. Très peu d’oiseaux semblent habiter encore ces îles ou il n’y a plus de phoques ni d’ours. Peut-être partis après avoir dévoré les oeufs et les poussins des dernières génération d’oiseaux quand les phoques sont venus à manquer? ou bien l’été avance rapidement entre le 15 juillet et le 15 août, et les poussins sont déjà en vadrouille pour se préparer aux migrations d’automne


