Position le 14 juillet àSignehamna, Lilliehookfjorden: 79°16’N 11°31’E
1002 HP
Vent Sud ouest inferieur à 5 kt
Mer: belle
Houle: 0 m
Temps: brouillard, bruines
au mouillage

Grâce aux instruments de navigation, la Laureline a pu se diriger dans un brouillard compact toute la journée du 13 juillet, visibilité infèrieure à 1 mile. La vigilance à la barre est rendue nécessaire par la présence de nombreux growlers trop petits pour être detectés au radar, mais suffisemment gros pour causer des dégats à la coque des bateaux. Ils sont libérés en abondance en cette saison par Lilliehookbreen, avec des bouffées d’air glacé et humide.
Les stratus amenés par un vent de sud très faible sont écrasés sur la mer par la haute pression, et ne manifestent aujourd’hui aucune intention de s’élever, sauf a laisser par endroit apparaître le pied des montagnes, laissant à penser que l’ancre a été jetée tout un bas de ch’terril.
Le fjord est néanmoins habité par quantité d’animaux, qui contredisent cette impression familière. Des vols de gravelots pressés effleurent la surface à toute vitesse, des mouettes tridactyles assises sur un glaçon s’échangent les nouvelles, des aboiements confus résonnent quelque part dans la brume, peut être des phoques, un glacon en forme de canard de bain dérive à côté du voilier, d’autres ponctuent de formes translucides et lumineuses la surface grise de l’eau tout autour de la baie. Des goélands passent.
Plusieurs fois sur la route, le profondimètre a annonçé de fausses remontées du fond, sans doute liées à la présence de nombreux bancs de poissons, ou à des formations d’aiguilles de glace dans ces eaux peu salines.






Lors de la 2eme guerre mondiale, la marine Allemande avait établi dans cette baie protégée une base météorologique, que les Norvégiens ont fait sauter en 1943. Il n’en reste aujourd’hui que quelques ruines. La journée commence par une excursion en dinghy et à pied dans la bruine glaciale, en faisant attention aux ours très interessés par les phoques, afin d’explorer les alentours et accessoirement ramener des glaçons pour le pastis, ou, autre choix qui se défend, rester dans la bateau pour confectionner le pain frais du 14 juillet.

