Position le 12 juillet à Moften: 80°00’N 14°29’E
1011 HP
Vent E inferieur à 5 kt
Mer: belle
Houle: 0 m
Temps: couvert + éclaircies
Allure et voiles: moteur 1750 tour/mn GV 3 ris
vitesse: 5,4 kt
De retour de la promenade vers le glacier, il a finalement été résolu de changer de mouillage afin de rapprocher le bateau de la sortie du fjord, le 11 juillet au soir. Un petit port naturel est situé environ 20 miles plus loin, au pied de montagnes brunes aux reflets de sables rouges sombres, sur la rive Est du fjord : Mushamna.



C’est une étonnante piscine d’eau cernée d’un rempart de moraines mis à part un étroit passage vers la lumière du fjord. Partout des billots de bois flottés, grand silence à part les cris des sternes. Une rivière descend de la montagne qui charrie là des boues claires et se préserve ainsi un exutoire vers la mer. Mushama assure aux petits bateaux une protection des vagues et de tous les vents : la Laureline y retrouve Havella, un vieux grément construit sur le modèle des anciens phoquiers, croisé à Tromso et à Longyearbyen.
Ce matin, lever à 5 heures, petit déjeuner en route vers l’île Moften, réserve naturelle ou il est interdit de pénétrer en deçà d’une limite de 300 mètres du rivage en été, pour laisser tranquilles les oiseaux de mer qui y font leurs nids à l’écart des renards et des ours. Une colonie de morses y a aussi trouvé refuge au pied de la balise sud de l’île, pyramide de bois flottés peinte en rouge vermillon.

Comme souvent, le soleil pointe vers 9 ou 10 heures. Le vent s’est calmé, le ciel est bleu, mais la météo promet en entrée de vent d’Est pour midi. La lumière était suffisante pour photographier les morses depuis le pont du bateau en avancée lente sur la surface soyeuse de la mer, avec un téléobjectif de 400/2,8 focale fixe avec doubleur, en tirant à 4/1000ème de seconde pour stabiliser l’image malgré les mouvements du bateau.
Aucune trace visible de la banquise, située cette année à 81° d’après la cartes des glaces, soit à 60 miles plus au Nord. Fin juillet 2016, la banquise était remontée jusqu’à 83° au Nord, et le détroit d’Hinloppen était ouvert en sa partie sud, ce qui n’est pas le cas cette année à la mi juillet : impossible donc de faire le tour complet, sauf à pousser les glaçons, et à attendre un hypotyhétique dégel. Sans s’attarder plus, la Laureline entreprend donc son voyage retour vers l’ouest et le sud. De nouveau le ciel se plombe de nuages.
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