Trinity Hamna, Magdalena Fjord, 9 juillet

Des nouvelles écrites par Hélène, arrivées par Irodium ce matin

Position le 9 juillet : au mouillage à Trinity Hamma, Magdalena Fjord

La dépression s’est installée le 8 juillet sur le Svalbard, centrée sur la partie sud, elle enroule autour de l’archipel des vents venus de l’océan Arctique et laisse en son centre un espace de calme , opportunité pour larguer les amarres et monter vers le Nord au moteur. Malgré la bruine, le soleil de minuit se manifeste par une étroite bande orange droit devant, sous un épais manteau de nuages qui masquent les sommets des montagnes. L’arrivée aux premières heures de la journée dans le fjord de Magdalena coïncide avec une tentative du soleil de soulever les nuages. Ce fjord s’ouvre sur l’ouest et s’oriente tout droit vers l’est, cerné de hautes montagnes pointues, noires et brunes veinées de blanc, séparées par des glaciers souvent bloqués derrières une barre de rochers. Le fjord est en partie barré par une presqu’île de moraines, relevée côté mer, en pente douce côté intèrieur ou se dessine un havre bien protégé : cette configuration était idéale pour sécuriser les bateaux et traîner là le corps des baleines franches pour les dépecer et faire fondre leur graisse sur la plage. C’est la raison pour laquelle il a été baptisé du nom de la sainte patronne des baleiniers, sainte Madeleine. Ce fjord a été utilisé à partir du XVI ème siècle par les baleiniers anglais, basques, ou hollandais jusqu’à disparition de la baleine franche : il n’en reste plus aujourd’hui que dans le détroit de Behring. Par la suite, il a fallu chercher d’autres espèces de baleines dont le corps ne flotte pas aussi bien et qu’il fallait donc traiter en mer sur les bateaux assez grands pour les hisser à bord. 
Dans le fond du fjord, un glacier recule, mais vèle toujours des blocs de glace fossile bleue turquoise. Des bateaux de voyageurs ne peuvent atteindre cette zone et débarquent leurs passagers vers les glaciers plus proches de l’embouchure du fjord, ou vers le terre plein qui abrite de nombreuses tombes de baleiniers, même s’il  est aujourd’hui cerné de barrières qui en interdisent l’accès. Un cabane de trappeurs a été restaurée là qui abrite la maréchaussée.
Après un petit tour auprès des glaces bleues, La Laureline a jeté l’ancre pour quelques heures, le temps de fouler la plage des baleiniers. Des sternes arctiques y sont installées qui n’appréceint que modérément les visiteurs décidément trop nombreux, quelques mergules et des goélands ivoires montrent le bout de leurs ailes, mais nulle part on n’apercoit de phoques, dont plusieurs espèces étaient visibles en 2016. Et pas la queue d’un ours non plus.
La pression atmosphérique remonte, ce qui signifie surtout que la dépression se déplace. La zone de vents se rapproche qui impose de décamper le soir même, pour éviter d’être bloqués là pendant plusieurs jours. En route donc vers le nord, en passant derrière l’île Amsterdam, base des baleiniers hollandais, tout en évitant les glaces bleues qui dérivent, puis vers l’Est, au portant, pour rejoindre le Woodfjorden ou débouche le célèbre glacier Monacobreen : les prévisions météo y prévoient un temps calme pour les jours qui viennent.

soleil de minuit
le cheval bleu
poses à la barre devant le glacier
Photographe inspiré par un sterne Arctique
La Laureline a l’ancre devant la plage des baleiniers

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