Subject: position le 4 juillet
Date: Thr, 04 Jul 2024 15:05:12 +0200
Position: 78°23’N 12°04’E, 1006 HP, Vent W 17 kt, Mer: peu agitée, Houle: 0,5 m, Temps: couvert, Allure et voiles: Largue, genois ssul
vitesse: 5,2 kt
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Après une longue route de 60 miles depuis Pyramiden, en partie au portant dans le souffle du glacier puis au moteur, La Laureline a trouvé refuge dans Farmhanna, une baie bien protégée, ou se trouve la cabane d’un trappeur et ses installations pour vivre là à l’année, avec femme et enfant.


Magnifique paysage de montagne et de glaciers se déversant dans la mer, des ilots peuplés d’oiseaux de mer, des petits lacs d’eau douce ou viennent s’abreuver les animaux. Et les gens. Car bien sur, ces cabanes isolées n’ont ni eau courante nu electricité autre que ce qui y est produit.


Très chalheureuse, la petite famille est venue nous accueillir à la plage, la jeune femme portant son bébé de six mois, sur son ventre dans un anorak à deux places. Ils ont acquis cette maison récemment, en relevant le défi d’assurer en autarcie une veille sur la faune et de trapper des renards polaires. Cette fonction est assurée à titre privé, mais dans un cadre défini par le gouvernement. Le but est de préserver un savoir faire ancestral plus que pour le commerce. La peau de renard, même blanc, ne vaut plus bien cher.



Les contrôler représente surtout l’interêt de sauver de redoutables prédateurs les canards eider, dont le duvet vaut bien plus cher : le trappeur récupère les nids de duvet quand les petits sont partis. Le trappeur peut aussi prélever 30 rennes par an, qu’il vend aux restaurateurs, et pêche pour sa consomation personnelle des ombles chevaliers : ils nous ont offert une dégustation de gravelax d’omble chevalier tout à fait délicieux. En prévision de la prochaine nuit polaire, il prévoit l’acquisition de 4 à 6 chiens huskie, dont le principal rôle sera d’aboyer si un ours vient rôder. Il les nourrit de phoques, non pas les phoques annelés ni les phoques barbus, nourriture favorite des ours, mais les harbour seals, que l’ours n’arrive pas à attraper. Leur histoire est cependant inattendue : Ils sont tous deux scientifiques, en psychologie, à l’Université de Trondheim, avec des activités de recherche en collaboration avec une équipe Russe, à Saint Pétersbourg, interrompues par la guerre en Ukraine. Lui a déjà 60 ans, et derrière lui 25 ans de carrière de muscher.
Le temps de cette visite à terre, le vent a monté et il était temps de reprendre la mer, avec un arrêt sur une plage de l’île du Prins Karl pour voir des morses assoupis sur la plage.


Les nuages s’alourdissent, le temps change rapidement, demain le vent soufflera du Nord , il faut continuer la route au ryhthme des quarts vers NY Alesund pour y chercher une protection sûre.


