Position: 78°28’N 15°54’E
1006 HP
Vent W 16 kt
Mer: belle
Houle: 0,2 m
Temps: couvert
Allure et voiles: Grand largue, GV 3 ris, genois
vitesse: 5,2 kt


Un ponton d’un autre âge, rafistolé de bric et de broc et bardé de vieux pneus, permet d’accoster entre les rafales, un peu calmées à son approche. Deux couples de sternes arctiques veillent jalousement sur l’embarcadère et kek kek kek kek kek que je pique pique pique la tête, elles en ont après Marc, descendu fixer les amarres.




Un jeune homme souriant se matérialise alors, au pied de la grande grue rouillée du débarcadère, pour nous proposer l’acceuil de son hôtel restaurant et nous y emmener en bus. Il est 20 heures, et c’est bien volontiers que l’offre est acceptée. Repas de plats russes, arrosé d’une bière à l’hibiscus brassée au Svalbard à Barentsburg, l’autre ville minière Russe.



Un guide arrive ensuite pour faire découvrir la ville fantôme à une heure ou elle est vide, à l’exception des mouettes tridactyles qui ont colonisé les appuis de fenêtres des immeubles de briques claires. Kitiwek Kitiwek, Kitiwek !

Les bateaux qui partaient vers la Russie avec les chargements de charbon en revenaient avec des briques, du bois, du béton, du fer, et même de la terre agricole pour les serres et la pelouse de l’esplanade.




Une ville a été batie au pied d’une montagne remplie de charbon et d’un glacier tout blanc, qui se voulait vitrine des bienfaits du communisme : école, centre culturel, cinéma, salle de danse, piscine, cantine, hôtel, ateliers mécaniques, hôpital.





Tout est là, sous le regard de la statue de Lénine, mais les fers à béton gonflent sous la rouille, les planchers se décrochent, le piano a perdu sa voix, les rennes broutent l’esplanade. Kitiwek Kitiwek, Kitiwek ! la ville minière est aujourd’hui une attraction touristique ou défilent 100 personnes par jour, sauf à se pointer à une heure improbable, bien sûr.



