Le NavNet qui, à la barre, rappelle les ordres de navigation, était tombé en panne et le pilote automatique aussi. Il fallait un temps d’attente à Tromsø, pour faire réparer . Le bateau peut très bien marcher sans, mais c’est tellement agréable de pouvoir se tenir à l’abri de la capote pendant que le pilote automatique se fait arroser par les vagues qui balaient le pont. Si le pilote fait grève , si l’écran est muet, il faut faire le grand écart entre la barre et la table à carte.
Et comme la Laureline est arrivée un vendredi, l’équipage a eu l’occasion de découvrir Tromsø, et même de tester la sauna suivi d’un plongeon dans le port.










Le réparateur Furuno est passé, très compétent et efficace. Le NavNet était relié à la table à carte par un câble électrique qui avait été cisaille par les mouvements de barre, et il a fallu rectifier un élément du compas gyroscopique pour le pilote. Reste à travailler les cartes des vents et des glaces. Alors qu’en juillet 2016, les bateaux de croisière avaient dû monter a 180 miles au Nord du Svalbard pour voir la banquise, des glaces flottantes sont signalées entre Tromsø et le Svalbard cette année.
message du 23 reçu le 25, une fois les emissions radio dégagées des fjords :
Grand port baleinier pendant 300 ans, Tromso demeure le « camp de base » pour les expéditions au Svalbard. Nos voisins partent déjà aujourd’hui : le Spirit of Conrad sloop de 67 pieds, Adrien chef de bord, et le « Havella », vieux gréement sur le modèle des solides barques à deux mats utilisées pour la chasse aux animaux à fourure, qui offre désormais trois cabines pour aventuriers, dirigé par un couple et leur fille de 10 ans, finissent les dernières vérifications avant leur départ. Tout ce beau monde se retrouvera là-haut. La Laureline doit attendre demain lundi, jour ouvrable, pour une vérification du pilote et du Navnet par JM Hansen, l’agence Furuno locale.
Tromso s’est aussi distinguée comme base de départ des expéditions scientifiques polaires, celle de Nansen en 1893 lui a permis d’approcher le pôle Nord jusqu’à la latitude de 85° sur le Fram, un trois mats équipé de machine à vapeur. Soigneusement préparée, l’expédition a commencé par s’approcher au plus pès de la banquise : leur navire a été stoppé par la glace le 14 juillet à la latitude de 78°.
Aujourd’hui, 130 ans plus tard, de grands pack de glace mobiles barrent la route du Svalbard au grés des courants, et la barrière complète se situe entre 80 et 81° de latitude, soit environ 130 km plus au nord qu’en 1893, d’après les cartes d’Icing ». La banquise est descendue plus bas cette année, Longyabeen (78°) était encore bloquée par la glace le mois dernier.
Nansen est un héros Norvégien, tout comme son collègue Roal Amundsen qui a été le premier à franchir le passage du Nord-Ouest, et le premier au pôle sud en 1911 (avec le même Fram) juste un mois avant Scott, son concurrent Anglais. Tous de sacrés gaillards, solidement préparés et inspirés par un esprit d’aventure hors du commun, comme celui des Vikings 1000 ans plus tôt. »
