Cette année Armand et Gabriel rejoignent le bord pour faire partie de l aventure jusque Dingle, et passer leurs premier diplôme de voile avec capitaine grand Papa.

10 août : l’aube
Lever l’ancre avant l’aube, quitter le mouillage à l’heure bleue, en glissant sur la surface lisse de la mer encore endormie , gagner le large quand la lumière vient et que les nuages s’enveloppent d’or , le soleil émerge à l’horizon. Regarder les dauphins qui marsouinent en famille, les oiseaux qui plongent , Partir. Une bouffée de bonheur, même s’il ne s’agit que de rallier Belle Île en Mer au moment où la marée commence à monter, laissant les bateaux à faible tirant d’eau gagner le port l’échouage.


Aux Glenan, la différence avec l’austère Irlande et ses coups de vent était déjà perceptible : des bateaux qui évoluent dans tous les sens, des rires, des enfants sur la plage, du monde et de l’insouciance. A Belle île, cette joyeuse anarchie devient presque cohue, le canal 16 de la VHF occupé en permanence pour toutes sortes d’échanges, le mouillage bondé bien au-delà des capacités d’accueil des bouées offertes aux visiteurs. Mais pour ne pas se sentir trop oppressés par cette affluence soudaine, il reste le sentier côtier vers le phare des Poulains , et les criques d’eau émeraude entre les rochers de schistes, les plages de petits galets blancs.

9 août : retour aux Glénans
C’est l’histoire de 32 ou 33 heures, mais que de différences sur le trajet! partie par un vent d’ouest à 20 nœuds et une houle d’ouest assortie, la Laureline a parcouru en un temps record la distance qui la séparait du rail de Ouessant. La, le vent est tombé avec un brouillard épais sur la nuit sans possibilité de distinguer les bateaux qui circulaient dans le rail. Les quarts se passent donc à la table à carte avec les données électroniques et les appels sur la VHF pour organiser les croisements. Voix graves dans la nuit, compréhensions et courtoisie, thank you, Sir, puis le brouillard continue alors que le soleil tente une percée, voire même un arc en ciel tout de brumes blanches. Des dauphins joueurs, fous de Bassan, puffins des anglais et goélands accompagnent le bateau. Un magnifique bateau de croisière tout blanc fait un détour pour nous éviter et surgit dans les brumes à 400 m dans la lumière.
Les brouillards ne se sont déchirés que le soleil au zénith et encore, tandis que se levait un vent de sud est, pile la direction voulue : arrêt dans l’archipel des Glenan donc, plein à craquer, des bateaux sont ancrés partout venus chercher ici la « canicule » attendue après un été de pluies et de vents. Calme plat, mer d’huile et air très frais au menu . La route continue demain à l’aube pour rejoindre Belle île en Mer.


7 août : Escale aux îles Scilly
La dépression Antoni a emmené vers l’Est les pluies et une bonne partie du vent. Mais la mer était encore agitée quand les amarres ont été larguées à Dingle, sous un vent de Nord-ouest encore de 15 -20 nœuds. Soleil couchant sur les Skelligs avant de s’enfoncer dans la nuit au large du Bull qui garde la baie de Bantry, un phare sur le dos.
Lever du jour au large de Mizen Head et du Fasnet, puis baisse du vent, l’idée a alors été de lancer le spi. Mais un autre voilier se dirigeait vers le sud, il a fallu empanner pour éviter la colision . Et c’est là que ce spi décidément capricieux s’est enroulé en cocotte sur son étais et celui du génois. Des manœuvres par vent arrière en utilisant la grand voile pour créer des turbulences ont permis de libérer la voile, mais toujours du mauvais côté. L’autre voilier est parti sans demander son reste. Une deuxième tentative d’empanner sous spi s’est de nouveau soldée par une cocotte à 2 tours sur les 2 étais, et d’autres voiliers qui passent sans piper. D’où on déduit qu’il vaut mieux enrouler le spi pour empanner à l’avenir. Cependant, au gré des tentatives pour le démêler, la voile s’est finalement trouvée sur le bon bord. Entretemps le vent avait monté, si bien que Manu et Damien ont eu droit à quelques heures sportives à barrer un spi dynamique par vingt nœuds dans une mer Celtique croisée , au milieu de moutons chaotiques . Quand il a fallu empanner de nouveau, il a semblé plus prudent d’affaler le spi et d’établir le yankee pour continuer à bonne allure en tirant des bords un peu plus sereins et passer la nuit à danser avec les moutons.
Le vent s’est maintenu jusqu’au petit matin, pour terminer la route par quelques heures au moteur et venir prendre une bouée entre Tresco et Bryer, dans New Grimsby Sound.

L’île de Tresco abrite un extraordinaire jardin où ont été réunies des milliers de plantes venues de la planète, poussant naturellement entre le 30 ème et le 45 ème parallèle dans les 2 hémisphères. Une patience infinie a permis à des jardiniers inspirés de les re installer dans un jardin au milieu du golf stream et de la lumière du 50 ème parallèle nord. Des allées serpentent d’un banc à un autre, des escaliers de pierre parfois à peine visible au milieu des agapanthes, du fenouil et de géraniums aux proportions de buissons. Les lys sont gigantesques.






4 août : la traîne de Patricia et le front de la suivante
La tempête Patricia a laissé derrière elle une longue trainée de nuages et de vents, puis quelques heures l’accalmie sous un ciel blanc. Dès jeudi soir, Manu et Damien ont mis en place le nouveau chariot de grand-voile, arrivé par chronopost-DHL en un temps record.
Ce temps suspendu s’est prolongé ce vendredi matin, trop court pour pouvoir gagner un autre abri sur plus au Sud. Des bateaux de pêche sont venus cette nuit pour décharger leurs poissons au port, laissant ronronner leurs gros moteurs des heures durant

Voici que des vendredi à la mi journée les premières pluies annoncent l’arrivée brutale de la dépression suivante, avec des vents qui soufflent d’abord de Sud puis basculeront au Nord en gagnant en puissance cette nuit : plus de 40 nœuds et des rafales à plus de 50 sur la route, devant Mizen Head et le Fasnet, pas drôle du tout.
Mais cette dépression insérée comme une bulle dans une vaste étendue anticyclonique devrait vite filer vers l’Angleterre avec son cortège de pluies diluviennes. Sa traîne de vent de Nord-ouest permettra à la Laureline de se relancer samedi après-midi vers le Sud avec un vent portant, en espérant arriver lundi aux Îles Scilly avec le beau temps revenu, avant un coup vent prévu lundi soir. Manu étudie tous les routages pour prendre cette traîne, anticipant sur les meilleurs moments pour empanner au sud de l’Irlande.
1 août : faux départ
Les amarres avaient été larguées après un émouvant au revoir à Tamara et quelques offrandes pour son voyage : un bout de dynema, le couteau de Damien avec un épissoir -demanilleur, une manille textile, un tourmentin… si peu pour affronter la haute mer et ses colères !
Mais 2 heures après notre départ au près pour regagner les Skellig avant d’atteindre une allure de travers et descendre vers le sud, le chariot du rail de grand voile a brutalement rompu. Il a fallu bricoler une fixation en dynema et retourner à Dingle pour faire un point de la situation en attendant les pièces pour réparer.

31 juillet : des déconvenues lors de la course du Fasnet
Un voisin de ponton est rentré à Dingle avec son swan 48 : il a du renoncer à continuer la toute récente course du Fasnet a laquelle il participait en raison de la violence des vents , comme une centaine d’autres participants qui auront préféré ménager leur bateau. Deux dématages, un voilier coulé… l’édition 2023 de la course s’est avérée très engagée.
Contraints par cette même météo à rester planqués un peu partout, nous voilà dans l’impossibilité de poursuivre le tour de l’Irlande prévu et d’entamer le chemin du retour pour être de retour à la date voulue. Une fenêtre météo s’ouvre ce lundi 31 juillet qui permet de passer le Fasnet la nuit prochaine dans des conditions plus clémentes et retourner à Kinsale demain, avant l’arrivée d’une violente dépression dans la nuit de mardi à mercredi. Et y attendre la prochaine fenêtre pour traverser la mer celtique jusqu’à Penzance, et ainsi de suite jusqu’à la Bretagne.
29 juillet : Tamara

Elle a émergé dans le port de Dingle au matin , venant tout droit de Camaret avec son bateau d’acier préparé à Lorient. En short et veste de quart sous la pluie battante et les bourrasques, un sourire jusqu’aux oreilles, bien contente d’être arrivée aux abris avant la nouvelle dépression. Elle a 25 ans, et elle est encore sous adrénaline de n’avoir pas fermé l’oeil de la nuit. Elle est partie pour une expédition au Groenland, ou elle veut hiverner en solitaire.
Tamara a déjà pas mal bourlingué, en accomplissant son premier voyage sur Sardinha, un petit voilier de 8 m, partie de la Norvège des fjords pour aller jusqu’au Brésil, son pays natal. Son voyage est raconté dans un livre écrit en portugais. « Nos o Atlantico em solitario ». « Nos » signifie « nous » qui inclut elle et son bateau, mais aussi tout ceux qui l’ont aidée en chemin ou accompagnée sur internet.
Grâce à ses conférences depuis son retour, elle a pu gagner sa vie et de quoi acheter un bateau plus grand et plus solide, pour se frotter aux navigations polaires et aux glaces, son rêve, et nous passons en sa compagnie des moments délicieux. Architecte navale, elle s’intéresse à tous les aspects techniques des voiliers et se montre avide de conseils pour améliorer les petits défauts qu’elle a observés pendant la première partie du voyage avec son nouveau bateau, qu’elle découvre.
Comment matosser la chaîne d’ancre a l’intérieur de son bateau pour qu’il enfourne moins, l’intérêt d’utiliser le bouchin en navigation, elle accepte avec plaisir des cadeaux inattendus pour une jeune femme : une grande caisse en plastique pour loger ses 80 m de chaîne de 8 au pied du mat, un bout de tuyau à carburant, quelques rivets d’aluminium, un rouleau de vrai grey tape, la recette pour cuire du pain à la cocotte minute, une assistance pour grimper au mat avec une perceuse et une grande popeuse, pour raccrocher le lazy bag, des surliures pour ses écoutes et ses amares, un tourmentin et son estrope sur mesure ….




27 juillet : Dingle
Pluie battante et rafales de vent tout au long de mercredi, un temps à philosopher et bouquiner aux abris.
Une maison à la mémoire de Fungi, le dauphin solitaire qui est venu saluer tous les bateaux a partir de 1983. Sauf depuis quelques temps. Fungi a disparu. Dick Macks, le pub le plus ancien de Dingle a inscrit dans les pierres de son trottoir les noms des vedettes de cinéma qui y sont passées depuis le tournage de « La fille de Ryan »





Par chance, une balade en voiture nous est offerte par Laureline et Olivier pour aller déjeuner dans leur maison avec vue sur la baie de Ventry, si toutefois les nuages de pluie se soulèvent. Un petit tour dans la campagne donne à apprécier la beauté des routes étroites entre des haies de fuchsia de Magellan et de crocosmia oranges, lumineux sous la pluie.


26 juillet : de la baie de bantry à Dingle
Enfin la fenêtre attendue ! pas de demi-mesure cependant, le vent est passé de trop fort et venant du Nord à rien du tout. Calme plat pour lever l’ancre et rejoindre dans la lumière du matin la baie de Bantry, cap sur les pointes de roc là-bas dans le bleu. Des dauphins, des puffins des anglais, et même un rorqual, des escadrilles de fous de Bassan accompagnent la progression du bateau sur quelques 30 miles vers l’embouchure.
L’heure de départ a été calculée pour que les courants de marée soient portants au milieu des îles qui gardent l’entrée de la baie de Bantry : ils peuvent atteindre 3 nœuds en marée de vives eaux, autant les prendre dans le bon sens.
The Cow, et plus loin The Bull, pâturent dans la mer en sortie de la baie de Bantry





20 au 25 juillet : Glengarriff
le lendemain matin par un temps très calme, mer presque lisse parsemée de rochers découpés dans une brume bleutée avec au loin la sihouette du Fasnet. Contour de Mizen Head, une tête rocheuse fracturée par une faille spectaculaire traversée d’une passerelle suspendue au dessus du vide, vertigineuse, probablement un des décors de duel à l’épée les plus impressionnants de Game of Thrones.
Le vent s’est établi doucement du nord cette fois, en soufflant de l’air bien frais, nous poussant babord amure au près bon plein dans la baie de Bantry, au coeur d’un paysages de collines aux formes arrondies, couronnées de forêts sur le versant Nord grâce a la douceur du gulf stream. La berge sud est encore dénudée par la violence des tempêtes qui viennent régulièrement frapper Mizen Head. Tout au fond de la baie de Bantry, Glengarriff est camouflée derrière une barre de rochers qui entourent un microcosme, plan d’eau très abrité aux allures tropicales, parsemé d’îlots couverts de rhododendrons monumentaux. Dominant la baie, l’hôtel Eccle où le General De Gaulle aimait venir se reposer. Sa terrasse offre une vue dégagée sur quelques voiliers et petits bateaux de pêche au mouillage.



Des phoques marbres, des hérons, aigrettes et courlis, mouettes et goélands, semblent mener ici une vie paisible. Le ciel se couvre tandis qu’une dépression se forme au sud ouest, la prudence impose de rester là en attendant qu’elle passe.
Force est de constater qu’il fait bien plus frais en Irlande cette année que lors de notre précédent voyage de 2017, et nos amis qui naviguent en Norvège trouvent la banquise bien plus au sud qu’en 2016. Cette année, les dépressions arrivent en fragments dispersés, dont la trajectoire et l’intensité se modifient tous les jours selon les prévisions météo.
Un projet de faire route vers Dingle, en commençant par remonter la baie de Bantry sur une dizaine de miles, en tirant des bords face au vent d’ouest jusqu’à Lawrence cove, dans la baie de Bear Haven, a finalement été abandonné : cette baie est exposée aux vents de secteur Nord. Pour franchir les 68 miles vers Dingle, il faut une fenêtre météo d’environ 15 heures par vent de travers, beaucoup plus s’il faut tirer des bords vers le large. C’est donc à Glengarriff que s’organise le rendez-vous qui permet aux enfants de retrouver leur maman, qui a amené le soleil dans ses valises.
19 juillet : départ de Kinsale
Une journée à Kinsale pour se reposer de la traversée depuis la Cornouaille n’a pas été de luxe. La ville est charmante avec ses maisons colorées et une visite à la forteresse du XVIIème siècle qui protégeait la baie nous a dégourdi les jambes. Départ le 19 juillet en larguant les amarres à l’aube pour profiter d’une accalmie, au point de débuter la route au moteur pour sortir de la baie et amorcer la trajectoire vers le nord. Le vent attendu de travers pour établir une allure confortable, s’est en fait levé de face, et il a fallu tirer des bords de près depuis les « Stags », un magnifique groupe de rochers de schistes déchiquetés par la mer…

vers la baie de Baltimore, Cape Island contournée par le sud, le rocher du Fasnet, dont il a fallu faire le tour, avant de se rapprocher de long Island Bay toujours en tirant des bords.

La Laureline a pu trouver refuge à l’ancre pour la nuit dans Crook Haven, après une belle mais très longue journée de voile.
17 juillet, enfin la fenêtre météo , traversée vers l’Irlande en 33 heures
La traversée s’est déroulée dans un vent régulier, plus puissant que prévu et contraire, sur une mer formée… donc entièrement au près serré, avec une gîte constante et des chocs sur les vagues.
Bien installé sur son bouchin, le bateau s’est très bien comporté, et le pilote automatique s’en est bien sorti. Mais impossible de cuisiner dans de telles conditions, Armand a confectionné des sandwiches et les quarts se sont relayés mécaniquement.

Nous sommes arrivés en face de Cork et avons tiré des bords pour rejoindre Kinsale ou il a été enfin possible de faire cuire des pâtes aux petits légumes pour restaurer un équipage bien fatigué.
Les gardes côtes ont émis ce matin un Bulletin Météo Spécial pour prévenir d’un coup de vent cette nuit, non prévu par la météo.
Le harbour master nous a expliqué que le temps était particulièrement perturbé cette année, avec des coups de vent d’une puissance qu’on ne voit pas d’habitude en été , il se dit ici que c’est dû au jet stream qui circule cette année au sud de l’Irlande au lieu de sévir beaucoup plus au Nord l’été.
12 juillet : excursion à Mousehole une minuscule échoppe y vend de petits objets en argent représentant des souris
Les plaisanciers bloqués par la météo ont tricoté des amarres entre eux et du dernier vers le quai, y compris les « amarres électriques » pour se préparer au coup de vent de ce soir. Une éclaircie de quelques heures avant un déluge prévu dans la soirée est l’occasion saisie pour faire sécher un peu de linge lavé ce matin

11 juillet : Une dépression est arrivée ce matin avec un front pluvieux qui devrait se dégager quelques heures avant une resucée ce soir avec pluie abondante et vent à 35 -40 noeuds, il va falloir attendre ici quelques temps la fenêtre météo pour la traversée vers les rivages Irlandais, ce qui sera une belle opportunité de revoir pendant trois jours Penzance, bel empblème de la Cornouaille.




Le port à flot semble s’être un peu embourgeoisé après avoir chassé bon nombre de très vieux bateaux hantés qui faisait partie de son charme, vieux gréements délabrés, voiliers en fin de carrière, mais il reste des bateaux anciens en cours de restauration, en passe de reprendre une nouvelle carrière. Un vieux voilier en bois est sorti avec l’écluse d’hier soir, établissant sa voile classique au crépuscule, sans AIS, bien sur.

L’anticyclone « des Açores » est descendu très au sud, la répartition des depressions est perturbée, même si elles ne sont pas toutes très creuses, et très morcelées, il va falloir réfléchir, et prier pour une nouvelle belle fenêtre météo.
M + H
10 juillet : récit de la traversée par le Capitaine Nous voilà arrivés à bon port après une journée de navigation intense et captivante, à bonne allure par vent portant du sud-ouest, accompagnés de dauphins par dizaines, et de fous de bassan encore bien présents sur la Manche malgré la grippe aviaire de l’année dernière. A fond dans la Manche (11 noeuds au compteur) gréé en cotre (3 voiles: GV Yankee et trinquette)
La fenêtre météo de dimanche nous a offert une jolie brise de sud ouest force 4 rafales à 5, bien établie et stable: un cadeau à ne pas manquer!
le samedi, il a fallu réparer le désalinisateur, sa pompe était H.S., et la VHF portable dont la pile a rendu l’âme, ce qui a retardé le départ de La Forêt Fouesnant à midi 30.
La sortie de la baie de Concarneau à la voile par légère brise en tirant des bords contre le vent a permis de s’exercer aux premiers virements de bord avec les enfants, un peu perdus la première fois et vite aguerris à mesure des manœuvres qui ont continué jusqu’à la pointe de Penmarc’h.
Ensuite le vent est tombé, c’est au moteur à 1700 tours minute que la Laureline a traversé la baie d’Audierne, longé la chaussée de sein , contourné la phare d’Ar men face à un coucher de soleil de rêve, puis pendant la nuit cap au nord pour contourner Ouessant par l’ouest.
Les enfants ont pris leur tour de quart (en double avec un adulte) l’un de 20 à 22 h, l’autre de 22h à minuit, à charge de surveiller les routes de collision, et de se familiariser avec la route, les cartes, le langage spécifique des phares, du sens de déplacemnt des bateaux de pêcheur selon que leur lumière est verte ou rouge.
Au petit matin le vent s’est levé enfin de nouveau, au niveau du rail de Ouessant. C’est sous GV haute et Yankee qu’ont commencé les croisements complexes avec le trafic dense des cargos, parfois immenses de plus de 300 mètres lancés à 18 noeuds dans le rail montant séparé du rail descendant. l’AIS , ce précieux instrument, permet de connaitre leur vitesse et leur direction une demi heure à l’avance. L’un d’eux a dévié sa route de 5 degrés sans qu’on lui demande, afin de nous laisser poursuivre sans changement notre route. Bref échange par VHF pour remercier…
Les enfants ont bien dormi pendant plus de dix heures dans la couchette arrière, et ont repris leur tour de quart sitôt levés. Les manœuvres ne manquent pas: apprendre à s’équiper, s’attacher, établir la trinquette sur étai largable pour augmenter la puissance du bateau en l’habillant en cotre, apprendre à barrer tout droit sans zigzaguer (!), matelotage pour la fabrication de manilles textiles, aider à préparer les repas. Un petit mal de mer pour l’un des deux ne lui a pas coupé l’appétit ensuite.
A plus de huit nœuds pendant une bonne partie de la traversée sous voiles, La Laureline est arrivée juste à temps pour l’écluse du port de Penzance à la marée haute de 23h26. C’est l’ainé qui a fait la demande d’entrée par VHF au Harbour Master, dans un parfait anglais (répété à l’avance).
Après amarrage à couple en 4ème rang, l’équipage s’est offert un rafraichissement au pub très typique de la Golden Fleece juste en face du port à flot, encore ouvert grâce à l’heure de décalage…




9 juillet : départ pour une première traversée ! 31 heures pour rejoindre Penzance, par beau temps, mais 2 nuits quand même ! et il y a beaucoup de monde sur la route !
8 juillet : Halte à la Forêt Fouesnant pour embarquer le dernier membre de l équipage, Damien. Il est lui aussi moniteur des Glénans (en congé en raison d’une blessure au genou qui limite ses mouvements); mais excellent pédagogue, il a commencé à prendre en main une partie de la formation technique des matelots.

5 juillet : Les Glénan Gabriel est fasciné par le sable très blanc de l’île Bananec. Ce sable est en fait du maërl, provenant du broyage très fin d’organismes marins



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Deux gros dauphins viennent accueillir les bateaux lors de leur arrivée dans l’avant-port de Sauzon. C’est merveilleux
04 juillet, Belle île
Le vent nous retient au port de Sauzon pour 24 heures, il fait beau 20 fois par jour, et entre-temps il pleut.
















02 juillet, Arzal – Belle île


29 juin, préparation du bateau

Aujourd’hui c était les retrouvailles, le temps de faire le voyage en train, poser les sacs, s’installer..





